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GM voit ses bénéfices chuter et attend à l'automne un accord chez Opel

02/08/2012 02:01 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

Le numéro un américain de l'automobile, General Motors (GM), a vu son bénéfice chuter de 40%, plombé par les pertes en Europe où il espère parvenir à un accord d'ici l'automne avec les syndicats qui ont réitéré leur opposition à toute fermeture d'usine.

"Le fait est que tous nos chiffres sont en baisse comparé à l'an dernier. Ce n'est pas acceptable", a commenté le patron de GM, Dan Akerson, lors d'une conférence d'analystes.

Le bénéfice net part du groupe est ressorti à 1,5 milliard de dollars au deuxième trimestre, un résultat meilleur qu'attendu. En revanche, le chiffre d'affaires a reculé de 4,5%, à 37,6 milliards de dollars, inférieur aux attentes des analystes.

En Europe, GM a perdu 400 millions de dollars après une perte de 256 millions au premier trimestre.

Son concurrent Ford a lui aussi subi une perte de 400 millions de dollars en Europe au deuxième trimestre et averti que ses pertes cumulées devraient atteindre 1 milliard de dollars sur le Vieux Continent cette année.

"Les pertes de GM en Europe ont été moins élevées qu'attendu mais nous soupçonnons que cela est dû en grande partie à une hausse des stocks qui vont devoir baisser au deuxième semestre", a estimé la banque Morgan Stanley dans une note.

Lors d'une conférence téléphonique avec des analystes, le directeur financier Dan Amman a admis jeudi que l'Europe restait une zone "extrêmement difficile", notant toutefois qu'il y avait encore là-bas des "possibilités d'économies de coûts".

"La direction d'Opel et les syndicats sont en discussions" notamment sur la manière d'améliorer "la production, les coûts, la capacité", et "nous comptons parvenir à un vaste accord au cours de l'automne", a renchéri Dan Akerson.

Opel avait indiqué en juin avoir entamé des négociations avec le syndicat IG Metall et les différents conseils représentatifs des salariés du groupe pour prolonger jusqu'à fin 2016 l'accord existant.

Il exclut pour l'instant tout licenciement et fermeture d'usine en Allemagne d'ici à la fin 2014, conformément à ses engagements pris il y a deux ans, à l'issue d'un plan de redressement qui s'est traduit par 8.000 suppressions d'emplois.

Mais face à des activités en Europe ne cessant de plomber ses comptes, il a exigé un nouveau plan de redressement en cours d'élaboration.

Les négociations portent aussi sur la possibilité de différer la mise en oeuvre de la hausse des salaires (+4,3%) décidée au terme d'un accord conclu en mai dans la métallurgie.

Lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes, le directeur financier a souligné qu'en "termes de surcapacités, si on regarde l'ensemble du secteur, des tierces parties ont estimé qu'il faudrait fermer entre 5 et 7 ou 8 usines d'assemblage à long terme si nous devions rester à ce type de niveaux de ventes".

"Nous sommes en discussions avec nos syndicats et, bien entendu, il y a eu des mesures prises en France avec PSA, les Italiens parlent de mesures sur les capacités. Dans toute l'Europe on commence à voir que certaines des mesures nécessaires commencent à être prises alors que ce n'était pas le cas jusque-là", a ajouté M. Amman.

Dans un courriel à l'AFP, un porte-parole, James Cain, a précisé que le groupe était "en train de négocier le problème de la capacité avec IG Metall". "Ces discussions comprennent l'avenir du site de Bochum après le cycle de produit actuel", a-t-il indiqué.

Le syndicat allemand IG Metall a pour sa part réaffirmé jeudi qu'il refusait toute négociation sur une fermeture d'usine Opel en Europe.

"IG Metall n'est pas près à mener de telles négociations (...) et nous ferons tout ce que nous pourrons pour qu'aucun autre site européen ne ferme", que ce soit en Espagne, en Angleterre ou en Pologne, a déclaré à l'AFP Rainer Einenkel, président du comité d'entreprise de l'usine Opel de Bochum et membre du conseil de surveillance d'Opel.

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