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Canada: plus de 200 policières se disent victimes de harcèlement sexuel

02/08/2012 04:17 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

Plus de deux cents femmes, policières ou ex-policières, ont porté plainte contre la police fédérale au Canada pour harcèlement sexuel et discrimination sur leur lieu de travail, a indiqué jeudi un de leurs avocats David Klein.

Des plaintes individuelles avaient déjà été déposées dans le passé, mais le cas de Janet Merlo, qui avait passé 19 ans dans la police fédérale en Colombie Britannique avant de démissionner, souffrant d'un syndrome post-traumatique, a incité d'autres fonctionnaires à révéler ce qu'elles enduraient de la part de leurs collègues du sexe opposé, parfois pendant des dizaines d'années.

La procédure en est encore à ses débuts, les avocats ayant demandé l'autorisation de la justice de déposer un recours collectif.

"La tragédie réelle, c'est que lorsque des victimes se plaignent, soit leurs plaintes sont ignorées, soit le harcèlement augmente. Il est clair qu'il doit y avoir des changements dans la police", a dit Me Klein sur Radio-Canada.

Il a reconnu que la procédure risquait d'être lente et de durer des années.

Mais des témoignages de victimes abondent déjà dans les médias canadiens. Ils vont de cas où un supérieur demande à une femme des faveurs sexuelles en lui promettant d'aider sa carrière, à des plaisanteries grossières.

Selon la plainte de Mme Merlo citée dans le quotidien de référence The Globe and Mail, ses collègues ont affirmé à plusieurs reprises devant son fiancé, devenu depuis son mari, avoir eu des relations sexuelles avec elle, ou fait des remarques sur sa taille, la jugeant appropriée pour "faire une fellation tout en portant un carton de six bières sur la tête".

L'année dernière, le nouveau chef de la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale), Bob Paulson, avait promis de se pencher sur les cas de harcèlement sexuel dans ses rangs.

via/mdm

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