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Bagdad dénonce la visite d'un ministre turc à Kirkouk

02/08/2012 09:43 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

L'Irak a dénoncé la visite jeudi à Kirkouk du chef de la diplomatie turque qui s'est rendu dans cette ville disputée avec les Kurdes sans en avoir informé Bagdad.

"Tout cela a été fait sans l'information ou l'approbation du ministère des Affaires étrangères et sans passer par les canaux officiels ou diplomatiques pour organiser cette visite" du ministre turc Ahmet Davutoglu, a affirmé le ministère irakien des Affaires étrangères sur son site internet.

Le texte dénonce la visite à Kirkouk --une ville pétrolière du nord de l'Irak disputée entre le gouvernement central de Bagdad et la région autonome du Kurdistan irakien-- comme une "ingérence flagrante dans les affaires internes de l'Irak".

Il prévient en outre que la Turquie devra assumer "les résultats de cette action" et ses éventuels "effets négatifs sur les relations entre les deux pays", dont les relations sont déjà tendues.

"Cela n'est pas dans l'intérêt de la Turquie ou de toute autre partie de sous-estimer la souveraineté nationale, de violer les règles des relations internationales et de ne pas se conformer aux règlements de base dans les relations entre les Etats et les officiels", a encore estimé le ministère.

Le Kurdistan est lui aussi durement critiqué par le ministère qui se dit "surpris par la position du gouvernement de la région (du Kurdistan), qui a facilité la visite sans que le gouvernement fédéral ne le sache, violant ainsi ses responsabilités constitutionnelles".

M. Davutoglu a rencontré des responsables de la province de Kirkouk au cours d'une rare visite d'un haut responsable turc dans cette ville et au milieu de strictes mesures de sécurité, avec notamment la fermeture de routes et un déploiement sécuritaire renforcé, selon un journaliste de l'AFP.

"Kirkouk est riche par ses ressources et sa diversité, elle sera donc une des principales villes du Moyen-Orient, et nous Turcs sommes prêts à aider Kirkouk et l'Irak", a déclaré M. Davutoglu devant les journalistes.

Il s'est rendu jeudi à Kirkouk au lendemain de son arrivée dans le Kurdistan irakien où il s'est entretenu avec son président Massoud Barzani au sujet du conflit en Syrie.

MM. Davutoglu et Barzani ont estimé que la présence en Syrie de groupes "terroristes" constituait une "menace commune", alors qu'Ankara dénonce une infiltration du PKK (rebelles kurdes de Turquie) dans le nord de la Syrie.

Ils ont "souligné que toute tentative pour exploiter le vide de pouvoir (en Syrie) par un groupe ou une organisation violente serait considérée comme une menace commune, à laquelle il faut faire obstacle conjointement", selon le ministère turc des Affaires étrangères.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan avait prévenu la semaine dernière que la Turquie pourrait exercer son droit de poursuite à chaud en Syrie contre le PKK ou son organisation soeur en Syrie, le Parti de l'union démocratique (PYD).

"La nouvelle Syrie doit être débarrassée de toute organisation terroriste et extrémiste", ajoute le communiqué turc, publié après la rencontre entre M. Davutoglu et M. Barzani à Erbil (nord de l'Irak).

L'administration kurde irakienne joue un rôle crucial au sein des différentes factions kurdes de Syrie, où les Kurdes --près de 9% des 23 millions de Syriens-- se plaignent depuis des décennies de discrimination.

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