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Badminton: l'entraîneur chinois prend le blâme, Yu aurait annoncé sa retraite

02/08/2012 02:03 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

LONDRES - Les responsables olympiques ont exigé une enquête plus approfondie sur le scandale du tournoi de double féminin de badminton, jeudi, au moment où l'entraîneur de la Chine a accepté le blâme et l'une des joueuses disqualifiées aurait décidé d'abandonner le sport.

Le Comité international olympique veut que soient punis les entraîneurs, soigneurs ou responsables des quatre tandems visés, s'ils ont incité ou ordonné aux huit joueuses, maintenant exclues du tournoi, de perdre volontairement.

Les quatre duos — un de la Chine, classé numéro un, deux de la Corée du Sud et un de l'Indonésie — étaient également destinés à se faire retirer leurs accréditations par leurs comités olympiques nationaux et à rentrer chez eux.

Par ailleurs, la Chinoise Yu Yang, championne olympique en titre, aurait annoncé sa retraite du badminton.

«Il s'agit de mon dernier match», pouvait-on lire sur un compte personnel de Yu, dont la véracité a été confirmée, sur le site de microblogage Tencent. «Adieu Fédération mondiale de badminton. Adieu mon cher badminton.»

La retraite de Yu n'a cependant pu être confirmée par les responsables de la Fédération de badminton de la Chine, et la nouvelle n'avait pas fait l'objet d'une entrevue télévisée.

«Premièrement, je pense que nous devrons nous excuser auprès du public chinois, parce que nous n'avons pas démontré l'esprit olympien... Nous n'avons pas fourni au public un match dans lequel nous affichions tout notre talent, a-t-elle déclaré. Et ç'a laissé beaucoup de réactions négatives.»

L'entraîneur Li Yongbo a également offert ses excuses.

«C'est moi qu'il faut blâmer», a-t-il tranché.

«Nous n'avons pas pris chaque compétition au sérieux, ni respecté le slogan olympique de 'plus haut, plus vite et plus fort' à titre d'athlètes professionnels», a ajouté Li à la télévision nationale.

Yu et Wang Xiaoli, les championnes du monde en titre et favorites pour rafler l'or, ont été l'une des quatre équipes à volontairement mal jouer afin de se donner une position plus favorable dans le tableau éliminatoire.

«Je vais redorer mon blason lors de futurs matchs, a déclaré Wang. Je promets de jouer au meilleur de mes capacités à l'avenir, dans chaque compétition, pour bâtir une nouvelle image de nous à l'avenir.»

Il s'agirait de la première expulsion de masse dans l'histoire des Jeux olympiques.

Les Chinoises ont suscité les huées en perdant intentionnellement face aux Sud-Coréennes pour manipuler le tableau du tournoi afin de ne pas affronter leurs compatriotes, classées deuxièmes, en demi-finale.

Les dirigeants de la délégation nationale chinoise ont également critiqué les joueuses.

«Le comportement de Yu Yang et Wang Xiaoli sur le court a transgressé l'idéal olympique et l'esprit du franc jeu», ont déclaré les responsables dans une déclaration retransmise par l'agence Xinhua. «La délégation chinoise est en désarroi face à cette affaire.»

Mais les délégations des huit joueuses font face à des mesures disciplinaires.

«À ce stade, nous voulons nous assurer qu'elles se penchent aussi sur l'entourage, dans ce cas, les entraîneurs, afin que les athlètes ne soient pas les seuls pénalisées», a déclaré Mark Adams, porte-parole du CIO.

«Nous allons leur demander si elles s'attardent à cet aspect... Nous devons les laisser prendre leurs décisions. Nous allons superviser ce qu'elles diront et ce qu'elles feront.»

Si le CIO n'est pas satisfait, il pourrait intervenir et imposer des sanctions.

«Les comités nationaux olympiques ont pris les dispositions pour que ces athlètes quittent le village et retournent chez elles, a ajouté Adams. Les Jeux devraient offrir une expérience sportive positive, et c'est ce que nous encourageons. Si ce n'est pas ce qui se produit, nous devons agir.»

La Fédération internationale de badminton de l'Indonésie a demandé, jeudi, de ne plus employer la formule de tournoi en rotation, qui donne l'opportunité aux athlètes de manipuler les résultats, et de revenir à la formule de simple élimination.

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