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Amical Paris SG-Barcelone - Ibrahimovic au Barça, un mariage raté

02/08/2012 07:31 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

C'était le "coup" de l'été 2009: Zlatan Ibrahimovic débarquait à Barcelone tandis que Samuel Eto'o faisait le trajet inverse, vers l'Inter Milan: mais l'ego du Suédois n'a pu se fondre dans le collectif catalan et son départ au bout d'un an entérinait un cinglant échec.

Au coeur de cette grande désillusion pour l'attaquant qui s'est imposé partout ailleurs (Ajax, Juventus, Inter et AC Milan): une brouille avec Pep Guardiola, que Zlatan ne croisera pas samedi lors de l'amical PSG-Barça (17h45 GMT) puisque l'entraîneur catalan a laissé sa place à son adjoint, Tito Vilanova.

Le joueur (30 ans aujourd'hui) règle longuement ses comptes avec celui qu'il qualifie ironiquement de "philosophe" dans son autobiographie. Au départ du conflit, une question de rivalité, fût-elle feutrée, avec Leo Messi, l'enfant chéri de la maison blaugrana.

"C'était un rêve de gosse (de jouer au Barça, ndlr) et j'étais sur un petit nuage, raconte "Ibra". Ca avait bien commencé mais Messi s'est mis à parler. Il voulait jouer dans l'axe, pas sur l'aile, et le système a changé. J'ai été sacrifié".

Dès lors, sa condition de remplaçant vexe l'enfant terrible suédois qui raille la discipline de ses coéquipiers et explose en apostrophant son entraîneur: "Tu as acheté une Ferrari que tu conduis comme une Fiat!". Ou encore: "Tu te chies dessus à cause de Mourinho, va au diable!" Guardiola n'aurait rien répliqué, mais répond en l'ignorant désormais totalement.

"Si je n'ai parlé que deux fois avec lui (en six mois, ndlr), c'est qu'il y a une raison", soulignera le technicien, en refusant de développer. Il ne donnera d'ailleurs jamais sa propre version de l'histoire.

Guardiola, monument du club, avait déjà voulu se débarrasser d'un autre gros ego, Eto'o, pourtant l'un des tout meilleurs buteurs d'Europe.

L'arrivée d'Ibrahimovic, le plus gros investissement consenti par le Barça (pour l'équivalent de 75 M EUR), avait dès lors suscité des interrogations: comment une telle diva allait-elle pouvoir se fondre dans le collectif barcelonais?

L'histoire commence pourtant idéalement. Zlatan le fantasque plaît à ses nouveaux coéquipiers, les fait souvent rire à l'entraînement. Sur le terrain, le colosse (1,95 m, 95 kg) démarre fort avec cinq buts lors des cinq premières journées de championnat (il finira à 16).

Il s'illustre aussi par quelques coups d'éclat, avec le but de la victoire contre le Real Madrid (1-0) cinq minutes seulement après avoir remplacé Thierry Henry, et un doublé à Arsenal en quart de finale aller de la Ligue des champions (2-2).

Mais le différend avec Guardiola consacre l'erreur de casting, et le recrutement du buteur David Villa lui signifie qu'il est devenu indésirable. La moisson de titres (une Liga, deux Supercoupes d'Espagne, une Supercoupe d'Europe, un Mondial des clubs) n'y fera rien: Zlatan garde une blessure de cette histoire d'amour qui finit mal.

D'autant que, ironie du sort, le Barça se fait éliminer en demi-finale de C1 par... l'Inter Milan, son ancien club qui réalise alors le triplé (avec championnat et coupe d'Italie), en remportant cette Ligue des champions conquise par le Barça l'année d'avant et celle après (2009 et 2011) et qui échappe toujours à "Ibra".

Ca tombe bien: c'est l'objectif du "Qatari SG". Où le messie, cette fois, c'est lui.

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