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Un célèbre humoriste somalien pourfendeur des shebab, abattu à Mogadiscio

01/08/2012 10:23 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

Un célèbre humoriste somalien, Abdi Jeylani Malaq Marshale, réputé pour ses critiques féroces des insurgés islamistes somaliens shebab, a été tué par des hommes armés non identifiés à Mogadiscio, ont annoncé mercredi ses collègues et des responsables somaliens.

Abdi Jeylani Malaq Marshale a été abattu mardi soir, quelques minutes après avoir quitté la radio où il travaillait.

"Deux hommes ont tiré sur Marshale et l'ont grièvement blessé (...) le comédien a été déclaré mort plus tard," a précisé Mohamed Gaal, un policier, ajoutant que les agresseurs avaient pris la fuite.

L'humoriste, très célèbre en Somalie et au sein de la diaspora somalienne, avait reçu à plusieurs reprises des menaces de mort.

Il se produisait également sur Universal TV, une télévision somalienne basée à Londres et diffusée par satellite et sur internet, et participait en outre aux programmes d'une ONG somalienne visant à dissuader les jeunes somaliens de rejoindre les rangs des shebab.

Le meurtre de M. Marshale s'ajoute à une série d'agressions visant les médias en Somalie, un pays ravagé par plus de 20 ans de guerre civile.

"Selon nous, il n'avait fait de mal à personne, mais ils l'ont visé à la tête et aux épaules," a déploré Yusuf Keynan, présentateur à la radio Kulmiye où la victime travaillait. "C'est un jour noir pour l'industrie du divertissement tout entière, il était une figure de la comédie somalienne et tout le monde aimait ses prestations".

Depuis le début de l'année, chaque mois, au moins un journaliste somalien a été tué en Somalie.

Le pays est, selon Reporters sans frontières, l'un des plus meurtriers d'Afrique pour les représentants des médias. Mogadiscio est elle-même considérée comme l'une des capitales les plus dangereuses au monde.

La Somalie est sans gouvernement effectif depuis la chute du président Siad Barre en 1991. L'absence d'Etat a favorisé l'émergence de milices liés à des chefs de guerre, de mouvements islamistes, de groupes criminels et de pirates et renforcé les rivalités claniques.

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