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Syrie: des experts américains appellent Washington à s'impliquer activement

01/08/2012 03:42 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

Washington doit soutenir davantage les rebelles en Syrie, en leur fournissant des armes et un appui aérien, et montrer clairement au régime en place la ligne à ne pas franchir, au prix d'une intervention militaire, ont estimé des experts mercredi.

Plus longtemps durera le conflit syrien, qui fait rage depuis 17 mois, plus grand sera le risque de voir se multiplier les massacres de grande ampleur, ont-ils indiqué au Sénat américain.

Martin Indyk, un ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël, a souligné lors d'une audition au Sénat les "conséquences très mauvaises" de la situation actuelle et a affirmé: "Il est important que nous intervenions de manière active, mais il faut le faire de manière intelligente".

"Nous devons faire attention à qui nous donnons des armes", a fait observer cet expert aujourd'hui directeur de la politique internationale à la Brookings Institution, selon qui les Etats-Unis n'ont pas encore une vision nette de l'identité et des objectifs des forces qui constituent la rébellion syrienne.

Andrew Tabler, de l'Institut pour le Proche-Orient (Institute for Near East Policy), a quant à lui mis en garde le comité du Sénat pour les affaires étrangères contre le risque d'utilisation d'armes chimiques par le régime Assad.

"Washington et ses alliés doivent dessiner et faire respecter une ligne rouge pour empêcher la Syrie d'utiliser ses armes chimiques", a-t-il lancé.

Il a appelé les Etats-Unis à formuler "un avertissement fort" à l'encontre du président Bachar al-Assad, lui signifiant que "des atrocités de masse en Syrie appelleront une réponse militaire immédiate".

Des inquiétudes ont aussi été exprimées quant au "prochain gouvernement" de la Syrie, si Washington ne s'implique pas davantage. "Le prochain gouvernement (...) sera probablement à la fois méfiant et hostile aux intérêts américains", a prévenu M. Tabler.

"La raison est simple: Washington a passé trop de temps à négocier diplomatiquement aux Nations unies au lieu d'aider directement le peuple syrien à accélérer la chute de Bachar al-Assad", a-t-il dit.

Un expert en sécurité internationale, James Dobbins, a pour sa part défendu la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne sur la Syrie, destinée à protéger les civils de la répression gouvernementale, comme ce fut le cas en Libye l'année dernière.

S'il a estimé que pour ce faire il était nécessaire d'avoir une demande en ce sens de l'opposition syrienne, il a jugé qu'un mandat de l'ONU était "très souhaitable" mais "pas absolument nécessaire".

Au Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie et la Chine ont bloqué toute tentative occidentale d'imposer des sanctions au régime syrien.

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