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Québec solidaire lance sa campagne à Montréal et dévoile son slogan, «Debout»

01/08/2012 12:20 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - «Debout», et peut-être également le balai à la main, Québec solidaire (QS) dit être le seul parti à pouvoir «faire le ménage» dans la corruption qui gangrène selon lui les «vieux partis» provinciaux, mais pas le système politique québécois dans son ensemble.

À Montréal mercredi matin pour lancer leur campagne sous le thème «Debout», les candidats solidaires, carrés rouges bien en vue sur les collets, se sont présentés comme la seule alternative à la «vision limitée» de la politique «au service des grandes corporations et de certains gens d'affaires immoraux».

Avec ses candidats issus de milieux «moins bien nantis», pour reprendre l'expression de l'actuel député de Mercier et coporte-parole du parti, Amir Khadir, QS prend le pari de changer la culture politique actuelle.

«Les partis politiques traditionnels, qui contrôlent l'appareil, se sont laissés entraîner dans un jeu immoral», estime M. Khadir.

«Le gouvernement doit cesser d'écouter uniquement les chambres de commerce, il doit tendre l'oreille à son peuple.»

Auprès des étudiants et des citoyens, parfois la casserole à la main, les candidats de QS discuteront des thèmes de la gratuité scolaire, mais également de l'électrification des transports en commun, de la protection des ressources naturelles, des conditions de retraite pour les aînés et de l'indépendance du Québec.

Le parti se dit confiant d'élire des candidats d'un bout à l'autre du Québec et se défend d'être une formation qui n'est attirante que pour la région de Montréal. Il espère ainsi de «bons résultats» dans Outremont, Laurier-Dorion, Sainte-Marie-Saint-Jacques et Hochelaga-Maisonneuve, mais également dans Rouyn-Noranda, Hull, Taschereau et Joliette, entre autres.

La coporte-parole de la formation politique, Françoise David, a lancé la campagne du parti en saluant des personnalités qui ont mené de nombreuses luttes à travers l'histoire jusqu'aux étudiants actuels, qualifiant le Québec de «rebelle».

Mme David tentera de se faire élire dans la circonscription de Gouin, qu'elle a perdue aux mains du Parti québécois en 2007 et en 2008.

À l'adage «jamais deux sans trois» — en référence à l'hypothèse d'une défaite dans sa circonscription — elle répond que «la troisième fois, c'est la bonne».

«Je suis plus connue, j'ai énormément milité et travaillé dans ma circonscription», lance-t-elle avec assurance, avant de reconnaître que le conflit étudiant a pu lui servir également.

«Québec solidaire a 2000 membres de plus depuis le printemps, sur un total de 10 000», observe-t-elle.

«Rosemont-Petite-Patrie (qui est dans la circonscription de Gouin) est le quartier de Montréal où l'on retrouve le plus de portes avec des carrés rouges et où il y a eu le plus de marches avec des casseroles.»

QS prône la gratuité scolaire depuis 2006, et le parti garde le cap «contre vents et marées et malgré tous les Éric Duhaime de ce monde», comme l'a lancé le jeune Alexandre Leduc, candidat dans Hochelaga-Maisonneuve, ciblant un chroniqueur associé aux idées plus à droite du spectre politique.

«Avec le rétablissement d'une taxe sur le capital des entreprises financières et bancaires de 0,8 pour cent, QS prévoit récupérer quelque 425 millions $, un montant assez important pour financer la gratuité scolaire», a expliqué M. Leduc.

Parmi les autres propositions de QS, il y a notamment la bonification du régime de retraite au Québec. Le parti souhaite faire passer la proportion du revenu couverte par le régime afin qu'elle passe de 25 à 60 pour cent des revenus gagnés.

Québec solidaire compte présenter 124 candidats au Québec. Il a conclu un pacte avec Option nationale afin de laisser le champ libre à son chef, Jean-Martin Aussant, qui brigue la circonscription de Nicolet-Bécancour.

Le seul député du parti, Amir Khadir, tentera de reprendre la circonscription de Mercier. Il rivalisera notamment avec l'ancien patron du syndicat des employés d'Aveos, le péquiste Jean Poirier, dans une bataille qui ne semble pas l'inquiéter outre mesure.

«En terme de cohérence, si on souhaite un meilleur rapport de force avec le patronat, si on se dit socialiste, c'est à Québec solidaire que ça se passe», a-t-il déclaré, avant d'accuser le Parti québécois d'avoir passé les lois antisyndicales «les plus dures» de l'histoire du Québec.

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