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Londres ne voit pas débarquer les touristes tant espérés avec les JO

01/08/2012 06:24 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

Les JO sont censés redonner du tonus à une économie britannique en récession mais les professionnels du tourisme affichent leur déception alors que le centre de Londres semble déserté par nombre de visiteurs qui ont préféré échapper à la fièvre olympique et aux embouteillages.

"Je ne sais pas où sont les touristes ni comment ils se déplacent mais Londres ressemble à une ville fantôme", s'est désolé Steve McNamara, secrétaire général du syndicat de chauffeurs de taxis LTDA.

Selon lui, au tiers de la compétition, l'activité est en baisse de 20 à 40%, une situation ironique alors que les autorités mettaient en garde depuis des mois contre une saturation de la capitale durant les Jeux.

Même si aucun chiffre officiel n'est encore disponible concernant l'impact réel de l'événement sur la fréquentation de la ville, hôteliers, restaurateurs, directeurs de théâtres et de magasins sont presque unanimes à se plaindre d'une baisse de l'activité.

"Pour l'instant, le nombre de visiteurs est considérablement plus bas qu'il y a un an", confirme Tom Jenkins, directeur général de l'Association des voyagistes européens (ETOA).

"Londres compte habituellement environ 300.000 visiteurs étrangers et 800.000 britanniques par jour en août. Cette fois-ci, on a implicitement demandé à ces gens de se tenir à l'écart et c'est ce qu'ils ont fait", explique-t-il.

Les touristes auraient été échaudés cette année par la promesse de transports bondés et de chambres d'hôtels aux prix astronomiques, durant la période.

Et les quelque 500.000 détenteurs de billets pour les épreuves olympiques -dont une partie habite Londres- n'ont que partiellement compensé cette absence.

Côté hôtels, les grandes chaînes ont réussi à tirer leur épingle du jeu grâce aux réservations groupées de la part des délégations, sans toutefois atteindre un niveau exceptionnel.

"En fait, nous constatons des réservations conformes à un bon été à Londres", indique-t-on au groupe InterContinental Hôtels, qui compte les enseignes Crowne Plaza ou Holiday Inn.

Nombre de visiteurs semblent avoir repoussé un voyage vers Londres à l'après 12 août. La compagnie aérienne Easyjet a ainsi relevé une baisse des réservations pendant les JO mais une reprise ensuite correspondant à la fin des épreuves.

Le groupe aérien International Airlines Group (IAG), la maison mère de British Airways et Iberia, a pour sa part prévu une baisse du trafic dans ses très rentables classes affaires - signe que certaines entreprises ont aussi préféré mettre entre parenthèses leur activité.

Seuls les trains transmanche Eurostar se réjouissent d'une augmentation de 15% des ventes sur la période, avec l'ajout de 40 trains supplémentaires.

Dans ces conditions, les retombées économique du plus grand événement sportif de la planète risquent de ne pas être à la hauteur des attentes du gouvernement, qui espérait un coup de pouce à l'emploi et à une économie qui s'enfonce dans le récession.

Le Premier ministre David Cameron avait estimé l'impact économique des JO de Londres à plus de 13 milliards de livres (16,6 milliards d'euros) pour la Grande-Bretagne, dont 2,3 milliards grâce à l'augmentation du tourisme.

Reste à espérer des effets sur le plus long terme, comme pour Pékin et Barcelone, villes dont la notoriété s'était accrue à travers le monde grâce aux JO.

Mais "Londres est déjà une ville renommée pour le tourisme et les investissements, donc les bénéfices à attendre de cette publicité pourraient bien être plus limités", relativise la banque américaine Goldman Sachs dans une étude.

jmi/dh/heg

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