NOUVELLES

Les sièges de renseignements à Alep, prochaine cible des rebelles syriens

01/08/2012 07:54 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

Les rebelles comptent s'emparer des sièges des services de renseignements à Alep, après la prise symbolique de trois commissariats dans la deuxième ville de Syrie, a affirmé mercredi un responsable insurgé.

De son côté, une source de sécurité a affirmé que "l'objectif des rebelles est de s'emparer du siège des renseignements de l'armée de l'air", qui se trouve dans le quartier de Zahra, à la périphérie ouest d'Alep.

"Cela leur ouvrirait la porte de quartiers aisés de la ville qu'ils ne contrôlent pas pour le moment", a dit cette source.

"Cela fait cinq jours qu'ils essaient de prendre ce siège, sans succès", a-t-elle ajouté.

Des militants et une ONG syrienne ont fait état depuis plusieurs jours de combats autour de ce siège.

La prise mardi par les rebelles du commissariat de Salhine, le plus important du sud d'Alep, et ceux de Bab Nairab et de Hanano, est "une petite victoire, bonne pour le moral", a affirmé à l'AFP le général rebelle Abdel Nasser Ferzat, un commandant de l'Armée syrienne libre (ASL).

"Mais le plus important, c'est la prise des sièges des moukhabarat (renseignements). Si ces sites tombent, la victoire sera possible", a-t-il ajouté.

Un correspondant de l'AFP a été témoin de la prise du commissariat de Salhine dont le chef, un général connu pour sa participation à la répression, a été abattu par les insurgés.

La bataille se concentre depuis le 20 juillet sur Alep, capitale économique du pays, vers laquelle régime et rebelles ont envoyé de nouveaux renforts pour une bataille décisive qui devrait durer des semaines, selon une source de sécurité.

Selon le porte-parole des rebelles en Syrie, le colonel Kassem Saadeddine, les insurgés contrôlent "50%" de la métropole du Nord et la quasi totalité de la province d'Alep.

"Nous espérons créer une zone sécurisée à Alep et Idleb (nord-ouest, à la frontière avec la Turquie)", a-t-il précisé. Il s'agit des deux principales villes du nord de la Syrie.

Une telle zone permettrait aux rebelles d'acheminer facilement des armes à partir de la Turquie et d'avoir une structure militaire plus organisée.

"Nous avons des milliers de combattants", a affirmé de son côté à l'AFP le chef des rebelles à Alep, le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi. Selon une source de sécurité, près de 4.000 insurgés sont retranchés à Alep.

"Le régime dit qu'il pourchasse les 'groupes terroristes'. Nous lui disons que nous sommes ceux qui les pourchassons car ce sont eux les terroristes", a-t-il affirmé, ajoutant: "nous les poursuivrons dans tout Alep jusqu'à la libération de la ville".

L'armée régulière bombarde et mitraille les quartiers rebelles d'Alep, sans toutefois avancer sur le terrain, après un premier assaut repoussé par les rebelles le 28 juillet.

"Le moral de l'armée est au plus bas, ils savent que s'ils font entrer les chars au milieu des maisons et des habitants, il y a un risque plus grand de défections", a expliqué le responsable rebelle.

"Les soldats attendent la moindre occasion pour faire défection, dans les ruelles, c'est très facile", a-t-il souligné.

Il a affirmé que les rebelles préparaient "depuis des mois la bataille d'Alep".

"Nous avons avancé la date de la bataille (lancée le 20 juillet) pour relâcher la pression sur nos frères qui combattaient à Damas", a souligné le colonel al-Oqaidi.

Composée de déserteurs et de civils qui ont pris les armes, l'ASL est équipée d'armes légères et moyennes mais également de chars abandonnés par les troupes régulières lors de combats. En face, l'armée possède une puissante artillerie, des chars et des hélicoptères.

kat-ram-sk-rd/vl

PLUS:afp