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Les rebelles accentuent la pression à Alep, "bataille cruciale" selon Assad

01/08/2012 07:37 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

Les rebelles ont pour objectif la prise des sièges des services de renseignements pour s'assurer le contrôle d'Alep, deuxième ville de Syrie, face aux soldats loyalistes qui bombardent certains quartiers mais ne parviennent pas à avancer.

Conscient de l'enjeu, le président Bachar al-Assad a affirmé mercredi que l'armée livrait une bataille "cruciale" pour le destin du pays, à l'occasion du 67e anniversaire de l'armée.

Dans la capitale, de brefs combats ont opposé pour la première fois des soldats à des assaillants aux abords de deux quartiers chrétiens réputés comme étant pro-régime, aux premières heures de la journée.

A Alep, la conquête mardi du commissariat de Salhine, le plus important du sud d'Alep, et ceux de Bab Nairab et de Hanano, est "une petite victoire, bonne pour le moral", a affirmé à l'AFP le général rebelle Abdel Nasser Ferzat, un commandant de l'Armée syrienne libre (ASL).

"Mais le plus important, c'est la prise des sièges des moukhabarat (renseignements). Si ces sites tombent, la victoire sera possible", a-t-il ajouté.

Selon une source des services de sécurité, "l'objectif des rebelles est de s'emparer du siège des renseignements de l'armée de l'air qui se trouve dans le quartier de Zahra à la périphérie ouest d'Alep, car cela leur ouvrirait la porte de quartiers aisés de la ville qu'ils ne contrôlent pas pour le moment".

"Cela fait cinq jours qu'ils essaient de le prendre, sans succès ", a affirmé cette source.

Un correspondant de l'AFP a été témoin mardi de l'assaut spectaculaire par les rebelles du commissariat de Salhine dont le chef, un général connu pour sa participation à la répression, a été abattu par les insurgés.

L'ONU a indiqué pour sa part que l'armée syrienne avait recours à des avions de chasse pour tirer sur Alep.

La bataille se concentre depuis le 20 juillet sur la capitale économique du pays, vers laquelle régime et rebelles ont envoyé des renforts pour une bataille décisive qui devrait durer des semaines, selon une source de sécurité.

"Nous avons des milliers de combattants", a affirmé à l'AFP le chef des rebelles à Alep, le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi. Une source de sécurité syrienne estime à 4.000 le nombre d'insurgés retranchés à Alep.

"Le régime dit qu'il pourchasse les 'groupes terroristes', mais en fait ce sont nous qui les pourchassons car ce sont eux les terroristes", a-t-il dit.

L'armée régulière bombarde et mitraille les quartiers rebelles d'Alep, sans toutefois progresser sur le terrain, après un premier assaut repoussé par les insurgés le 28 juillet.

"Le moral de l'armée est au plus bas, (le régime) sait que s'il fait entrer ses chars au milieu des maisons et des habitants, il y a un risque plus grand de défections", a expliqué le responsable rebelle.

Le colonel a révélé que les insurgés préparaient "depuis des mois la bataille d'Alep" et qu'ils avaient attendu de "libérer" la province avant de rentrer dans la ville.

Composée de déserteurs et de civils qui ont pris les armes, l'ASL est équipée d'armes légères et moyennes face au régime qui possède une puissante artillerie, des chars et des hélicoptères.

Pendant une grande partie de la nuit, les troupes régulières ont aussi bombardé une zone au nord-ouest d'Alep, où étaient aussi signalés des tirs de mitrailleuse lourde et de roquettes Grad, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Pour le président Assad, ses troupes livrent une bataille "cruciale" et "héroïque" dont "dépend le destin de notre peuple et de notre nation".

"L'ennemi se trouve aujourd'hui parmi nous, utilisant les agents de l'intérieur comme un moyen pour déstabiliser la patrie, la sécurité du citoyen", a lancé le président à l'adresse des soldats dans un discours diffusé par l'agence Sana.

Le régime ne reconnaît pas l'ampleur de la révolte populaire qui a éclaté en mars 2011 et qualifie les rebelles de "groupes terroristes armés" à la solde de l'étranger.

A Damas, "des combats ont éclaté mercredi après 02H00 (23H00 GMT mardi), aux abords des quartiers de Bab Touma et Bab Charqi", théâtres à plusieurs reprises de manifestations de soutien au président Assad, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon un témoin, un groupe de rebelles a attaqué durant la nuit une position militaire en face de Bab Charqi et les combats ont duré une vingtaine de minutes.

Après une semaine d'affrontements d'une violence inédite dans la capitale, l'armée a repris le 23 juillet l'ensemble des quartiers perdus au profit des rebelles lors de leur bataille de "libération" de Damas.

De nouveaux accrochages forceraient les troupes à gérer deux fronts à la fois.

kat-ram/sk/cco

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