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Le SCEP et les TCA proposent formellement leur regroupement

01/08/2012 11:09 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

TORONTO - La lassitude qui prévaut au sein du mouvement syndical canadien combinée à «l'assaut» du gouvernement fédéral contre les «droits des travailleurs» a rendu nécessaire la fusion entre deux des plus importants syndicats du secteur privé, ont affirmé mercredi les principaux intéressés.

Le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP) et le syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) soutiennent que les deux organisations doivent s'unir pour protéger leurs membres actuels et revigorer le mouvement syndical national.

Un comité de 16 membres représentant les deux organisations leur a unanimement recommandé, dans un rapport déposé mercredi, de fusionner leurs activités en 2013. La recommandation sera maintenant soumise aux votes des membres des deux syndicats, plus tard cette année.

«Nous estimons que le projet de nouveau syndicat impliquant les TCA et le SCEP s'inscrit dans le cadre plus large d'un processus de renouvellement et de revitalisation du mouvement syndical dans son ensemble, ont écrit les auteurs du rapport. La formation d'un nouveau syndicat, plus gros, qui incluerait des pratiques améliorées dans toutes les sphères de notre activité (organisation, négociation et militantisme) doit faire partie de la réponse aux défis sans précédent auxquels sont confrontés les travailleurs et leurs syndicats.»

Le rapport retrace aux années 1970 l'origine de ces défis quand, dit-il, une hostilité croissante au mouvement syndical a commencé à faire surface dans la plupart des pays occidentaux.

Seulement 30 pour cent des travailleurs sont maintenant membres d'un syndicat, en recul de dix points de pourcentage depuis la fin des années 1970, ajoute le rapport, qui ajoute que le problème est encore plus pressant aux États-UInis, où moins de 7 pour cent des travailleurs sont représentés par un syndicat.

Cette antipathie généralisée s'est transformée en «attaques contre les syndicats et les négociations collectives» sous le gouvernement Harper, affirment les syndicats qui évoquent plusieurs lois qui ont imposé des réglements dans plusieurs conflits de travail — notamment à la Société canadienne des postes, chez Air Canada et au transporteur ferroviaire Canadien Pacifique.

«Le nouveau syndicat aura une présence particulièrement musclée dans plusieurs secteurs de juridiction fédérale, comme les communications et les transports, indique le rapport. Nous nous trouvons sur les lignes de front de l'assaut du gouvernement fédéral contre les droits des travailleurs, et nous sommes bien placés pour riposter.»

Le nouveau syndicat représenterait quelque 300 000 travailleurs dans une vingtaine de secteurs d'activité économique. La majorité des membres se retrouveraient dans la fabrication, les communications et les transports. Certains employés du secteur public seraient aussi représentés, notamment dans la santé, l'éducation et le transport en commun.

Le nouveau syndicat serait composé de cinq conseils régionaux et 25 membres siégeraient au comité exécutif. Il disposerait d'un fonds de grève de plus de 135 millions $ pour aider ceux impliqués dans un conflit de travail.

La nouvelle organisation allouera 50 millions $ sur cinq ans aux activités de recrutement de nouveaux membres. Elle remettra également en question la définition traditionnelle de l'adhésion des membres. Elle désire ouvrir ses portes aux travailleurs des agences d'emploi temporaire, aux contractuels, aux travailleurs précaires, aux travailleurs sans-emploi et aux étudiants.

Dans l'éventualité d'un vote positif des membres sur cette proposition, le nouveau syndicat verrait le jour en 2013. On ne connaît toujours pas le nom qu'il porterait.

Les membres des TCA voteront sur cette proposition lors de leur congrès à Toronto du 20 au 24 août. Quant aux membres du SCEP, ils se prononceront à Québec du 14 au 17 octobre.

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