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La Chine réagit avec colère aux accusations dont fait l'objet sa plongeuse Ye

01/08/2012 06:20 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

PÉKIN, Chine - Les autorités chinoises ont réagi avec colère aux accusations de dopage dont fait l'objet la nouvelle sensation de la natation Ye Shiwen, qui a remporté deux médailles d'or aux Jeux olympiques de Londres.

Ces allégations ont surgi lorsque Ye, âgée de 16 ans, a remporté le 400 mètres quatre nages individuel, et elle a remis ça au 200 mètres quatre nage, mardi. Au 400m samedi, Ye a négocié la dernière portion de 50 mètres en style libre en 28,93, un chrono inférieur à celui de l'Américain Ryan Lochte (29,10) lors de la dernière longueur de la même épreuve.

Mercredi, le quotidien d'état Global Times a riposté, affirmant que les allégations au sujet des exploits de Ye étaient injustes.

«L'Occident juge encore la Chine selon une vieille mentalité, et c'est mesquin en regard des progrès réalisés par la Chine», a précisé le journal en éditorial. La télévision d'état CCTV a également pris la défense de Ye dans son bulletin de nouvelles de midi.

Le père de Ye, Ye Qingsong, a déclaré aux médias chinois que les médias occidentaux sont «toujours arrogants.» Les organisateurs des Jeux olympiques de Londres ont également défendu la nageuse chinoise.

Ye a aussi reçu le soutien, mercredi, de l'Australienne Alicia Coutts, qui a terminé deuxième dans la course de mardi.

«Je me sens mal pour la pauvre fille qui doit composer avec ces allégations, a déclaré Coutts. Je crois à son innocence jusqu'à preuve du contraire.»

Pendant des décennies, Pékin a rallié le soutien du public avec une récolte de médailles d'or olympiques remportées par des athlètes formés dans un système de type soviétique soutenu par le gouvernement.

Les exploits sportifs sont utilisés pour rehausser la fierté nationale et le patriotisme, et détourner les critiques du parti communiste au pouvoir.

Dans les médias chinois, le tableau des médailles olympiques est établi en fonction du nombre de médailles d'or remportées, au lieu du nombre total de médailles. Après avoir remporté 51 médailles d'or à Pékin il y a quatre ans, la Chine en avait déjà gagnées 13 à Londres, suivie des États-Unis avec neuf, en début de journée mercredi.

Pour de nombreux Chinois, les médailles d'or donnent une mesure de la puissance du pays, et les médaillés d'or sont récompensés beaucoup plus généreusement que les médaillés d'argent et de bronze.

Parfois, cela donne lieu à des larmes de tristesse, même lors de la conquête d'une médaille d'argent, comme ce fut le cas avec l'haltérophile Wu Jingbiao cette semaine.

«J'ai laissé tomber mon pays; j'ai laissé tomber mon équipe d'haltérophilie; j'ai laissé tomber tout ceux qui m'ont soutenu. Je suis désolé», a déclaré Wu en larmes après avoir terminé deuxième derrière un surprenant Nord-Coréen dans la catégorie des 56 kg.

Dans un autre cas, une espoir de médaille dans la catégorie des 53 kg dames, Zhou Jun, a été critiquée dans les médias après avoir réussi un seul essai. Un journal chinois a qualifié sa performance de la «défaite la plus honteuse» dans l'histoire de l'haltérophilie féminine chinoise.

Cette polémique au sujet du dopage de Ye survient alors que la Chine est impliquée dans une autre controverse à Londres. Les responsables du tournoi de badminton ont lancé une procédure disciplinaire à l'encontre des équipes chinoises de double pour avoir volontairement perdu leurs matchs de groupe afin d'obtenir un tirage au sort favorable.

Les favorites chinoises Yu Yang et Wang Xiaoli, déjà qualifiées, ont lourdement perdu leur match, dont les échanges n'excédaient pas quatre coups, face à des Sud-coréennes non-classées, Jung Kyung-eun et Kim Ha-na. Les spectateurs n'ont d'ailleurs pas manqué de siffler ce piètre spectacle.

«Si tous les matches étaient à élimination directe, on les jouerait à fond, s'est défendue Yu Yang. Mais là, il s'agissait de la phase de groupe, donc on a gardé un peu d'énergie. Si on n'a pas joué à notre meilleur niveau, ça n'a aucune importance: on était déjà qualifiées. Le plus important, ce sont les quarts.»

En plus du cas de la Chine, la Fédération internationale de badminton doit également examiner des matchs impliquant l'Indonésie et la Corée du Sud après avoir noté que les joueuses «n'ont pas fait tout leur possible pour remporter leur match» et ont «porté atteinte au sport».

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