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JO-2012 - L'objet du jour: le kimono du judo, première arme de l'adversaire

01/08/2012 06:41 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

Le judogi, improprement appelé kimono, est, tous sports confondus, l'unique équipement d'un athlète destiné à la performance de l'adversaire... Une incongruité qui stimule depuis toujours l'inventivité des combattants pour le rendre insaisissable.

Jusqu'aux années 1990, "rien n'était réglementé", se souvient Jean-Luc Rougé, premier champion du monde de l'histoire du judo français (1975), patron de la fédération française et N.2 de la fédération internationale (IJF). "C'est comme ça que les combattants se faisaient coudre deux judogis l'un par-dessus l'autre pour le rendre plus difficile à attraper".

L'IJF, sous son impulsion, a réglementé l'usage d'une tenue qui sert uniquement aux prises de l'adversaire, préalables à toute action technique. "Sinon, on se mettrait torse nu et ça s'appellerait de la lutte", reprend Rougé.

Désormais, le coton du judogi doit avoir un nombre défini de brins, les sachikos, comptés par des experts qui les contrôlent aussi au toucher et les mesurent, une tenue trop étriquée pénalisant l'adversaire.

A Londres, le vice-champion olympique des -66kg, le Hongrois Miklos Ungvari, a été ainsi prié de revenir en compétition avec un kimono moins rêche. A partir de l'année prochaine, selon les nouveaux règlements de l'IJF, un judoka pourra être disqualifié pour tricherie si l'intention est prouvée.

Le cas s'est déjà produit. "Il y a quelques années" se remémore Rougé, "un Japonais a été exclu de son équipe pour ça. Il avait mis son kimono à la machine et l'avait arrêtée avant le rinçage et mis direct au sèche-linge. Au toucher, il n'y avait pas de problème mais dès qu'il transpirait, le savon ressortait et son kimono était impossible à prendre".

Théoriquement, un judogi doit toujours être ceinturé. Mais les arbitres laissent de plus en plus souvent en découdre des combattants dépenaillés, afin de ne pas perdre de temps. Du coup, l'IJF a imposé des ceintures plus souples, plus difficiles à dénouer.

Pour aider également à la visibilité de la discipline, et bravant la réticence de Japonais très conservateurs, Rougé a introduit il y a 20 ans les judogis bleus, "pour que l'arbitre sache quelle jambe et quel bras sont à qui..."

"Au début, ils étaient réversibles, bleu d'un côté, blanc de l'autre, mais on s'est rendu compte que ce n'était pas terrible pour l'hygiène", raconte-t-il. Du coup, les judokas trimballent désormais quatre kimonos, deux de chaque couleur.

cha/ol/heg

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