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JO-2012 - Jeux vus d'ailleurs: en Inde, les JO voyagent par le bus

01/08/2012 08:34 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

Le visage de Ranbeer Singh s'éclaire d'un sourire dès qu'apparaît sur l'écran de son ordinateur, installé dans un "bus internet", l'image de Vijender Singh, grand espoir de médaille pour l'Inde en boxe aux jeux Olympiques de Londres.

"Vijender est le fils de notre terre, on est tous avec lui", déclare fièrement cet ancien soldat à propos du boxeur, médaillé d'or aux Jeux asiatiques, dont le parcours à Londres est suivi avec passion dans sa ville natale de Bhiwani.

Vijender Singh fait partie d'une délégation de huit boxeurs indiens qui participent aux Jeux. Cinq d'entre eux sont originaires de villages aux alentours de Bhiwani, une petite ville du nord-est du pays.

"Nos boxeurs ont tellement bataillé pour aller aussi loin. Le moins que l'on puisse faire, c'est de leur montrer notre amour et notre soutien", affirme Singh à l'AFP.

L'ordinateur qu'il utilise a été installé dans un "bus internet", spécialement aménagé qui sillonne des régions reculées du nord de l'Inde pendant les JO de Londres, diffusant les épreuves en streaming ou en différé.

Singh, novice en informatique, est épaulé par une équipe de bénévoles qui lui apprennent à surfer sur le site des JO pour écouter les interviews de ses sportifs préférés ou visionner les moments forts de la journée.

"Tout le pays est fier de nos boxeurs. On va les encourager dans chaque combat", ajoute Ankit Kumar, un étudiant en architecture de 21 ans, qui attend de monter dans le bus.

Kumar suit particulièrement les sports comme le badminton et la lutte, où il pense que l'Inde peut bien figurer.

Chandan Yadav, 9 ans, vêtu de son uniforme d'écolier bleu ciel et blanc, se joint à la conversation en prenant place dans la queue: "je veux passer à la télé et devenir célèbre, dit-il. Je veux devenir un boxeur grand et puissant qui peut battre n'importe qui aux jeux Olympiques".

L'Inde, où le cricket règne en roi, n'est qu'un pays mineur sur la scène olympique malgré ses 1,2 milliard d'habitants.

Le pays était tellement habitué à échouer aux JO que son maigre bilan de trois médailles (1 or, 2 bronze) glanées à Pékin en 2008 avait été considéré comme une percée majeure et entraîné des célébrations nationales.

Deux ans plus tard, l'Inde a bien mieux figuré aux Jeux du Commonwealth organisés à domicile, à New Delhi, terminant la compétition à la deuxième place du tableau des médailles derrière l'Australie.

De nombreuses sociétés privées, attirées par les progrès des athlètes indiens, ont financé des stages d'entraînement et le gouvernement a annoncé de généreuses récompenses en cas de médailles au plus haut niveau.

"Nous pensions qu'il était temps que l'Inde encourage ses athlètes", explique Nikhil Rungta, le chef du marketing de Google India, qui a lancé la tournée du "bus internet" pour diffuser les jeux Olympiques au plus grand nombre.

"Nous voulions que chaque Indien connaisse ses athlètes olympiques et célèbre ses champions", avance Nikhil Rungta.

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