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JO-2012 - Cyclisme - Wiggins, ce héros anglais

01/08/2012 12:51 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

De la caricature habituelle de l'Anglais type, Bradley Wiggins partage la dégaine, avec rouflaquettes et cheveux tirant sur le roux, mais aussi un humour décapant, la marque de fabrique du nouveau champion olympique du contre-la-montre.

La légende de celui qui pourrait être bientôt anobli à en croire les tabloïds tombés sous le charme de Wiggins se nourrit de ses origines londoniennes et des difficultés surmontées. De l'absence du père, un ancien pistard australien qui est décédé en 2008, du choix de la mère (Linda) à l'adolescence de le pousser vers le cyclisme, de l'amour du jeune Bradley vers les champions: "J'ai grandi avec des posters d'Indurain sur les murs de ma chambre."

"Ce n'est pas évident quand on vit à Londres de vouloir être champion cycliste", a-t-il répété à plusieurs reprises penant le Tour de France pour mieux faire comprendre sa vocation et son itinéraire, atypique. Même s'il est né en Belgique, à Gand, où son père s'était établi.

A Kilburn, au nord-ouest de la capitale, les garçons sont davantage séduits par le football ou le rap. L'alcool aussi est une tentation. Le futur quadruple champion olympique reconnaît s'être laissé aller à boire, un peu plus qu'il ne faudrait, quand il est venu chercher sa voie en Europe, dans les équipes françaises sur route (Française des Jeux, Crédit Agricole, Cofidis).

A l'époque, "Wiggo" ne pense qu'à la piste, au rendez-vous de Pékin, aux deux médailles d'or qui s'ajoutent à celle d'Athènes, en poursuite. C'est seulement à partir de 2009, dans l'équipe Garmin, qu'il se consacre exclusivement à la route.

Le rouleur grand et puissant entame une cure d'amaigrissement, il grimpe les cols désormais. Sa quatrième place dans le Tour 2009 lui laisse espérer de grands résultats. Mais il devra attendre de passer chez Sky, le groupe monté par Dave Brailsford qui était déjà à l'origine du projet piste, et de subir deux grosses déceptions dans le Tour (2010 et 2011), avant que son rêve ne se réalise.

En dix jours, Wiggins a tout gagné. Le Tour, sur les Champs-Elysées où il a pris soin de rappeler la proximité du rendez-vous de Londres, puis le contre-la-montre des JO.

Il est devenu le premier Anglais vainqueur du Tour, le premier coureur de son pays champion olympique du contre-la-montre, le premier sportif britannique au nombre de médailles aux JO (7). Une succession de "premières" pour cet adepte de la tendance "mod", qui vit dans une ferme du côté de Wigan, dans le nord de l'Angleterre, avec sa femme Catherine, qu'il a connue dans les sélections britanniques de jeunes, et leurs deux enfants.

"J'ai une chance incroyable de conquérir un quatrième titre olympique et je ne veux pas la manquer", estimait Wiggins à la veille de gagner le Tour. Au soir de son triomphe sur les Champs-Elysées, il était donc reparti sans attendre pour l'Angleterre.

Car il n'était pas question, pour lui, Anglais jusqu'au plus profond de lui-même, de prendre le risque de décevoir le public-record qui a transformé mercredi le parcours de 44 kilomètres en une avenue décorée de drapeaux britanniques. Rule Britannia !

jm/el

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