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JO-2012 - Avec l'Egyptien Abouelkassem, l'escrime s'ouvre à l'Afrique

01/08/2012 09:02 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

Né en Algérie mais élevé en Egypte, le fleurettiste égyptien Alaaeldin Abouelkassem --qui a offert mardi à l'Afrique la première médaille olympique de son histoire en escrime-- possède tous les arguments pour devenir la figure de proue continentale de sa discipline.

Quelques minutes après la remise de sa médaille d'argent, il avait encore le regard émerveillé de celui qui vit un rêve: "Je ne peux pas le croire, ça va me prendre quinze bonnes minutes pour réaliser ce qui se passe. Je ne sais même pas comment je vais célébrer ça puisque je ne m'y attendais pas".

Les derniers mois n'ont pourtant pas été si heureux pour lui, avec la mort tragique de son père dans un accident de voiture il y a trois mois. Alors forcément, à Londres, il pense à sa famille et en particulier "à sa mère, de nationalité algérienne" et qui doit être fière de son petit.

Le "petit" Alaaeldin, étudiant en télécommunication, est né aussi en Algérie, à Sétif, durant l'hiver 1990, pays où il ne se rend jamais.

Son père lui, était bien égyptien et c'est à quatre ans que la famille s'est installée en Egypte. Son père l'a soutenu dans son choix de pratiquer l'escrime.

"J'ai commencé par le karaté, puis après j'ai fait de la natation à l'école. Et après l'escrime, à partir de 8 ans", se souvient celui qui désormais s'entraîne et vit le plus souvent à Alexandrie.

"L'escrime, j'ai aimé, je ne sais pas pourquoi. En fait, tu dois essayer l'escrime, et là tu l'aimeras. Mes amis ne comprenaient pas ce que je faisais, mais maintenant ils sont fiers de moi", rigole-t-il.

Depuis Alexandrie, il a suivi avec beaucoup d'intérêt les événements qui ont bouleversé son pays ces derniers mois. "Je n'étais pas sur la place Tahrir, mais je supporte bien sûr ce qui s'est passé", sourit-il encore.

"J'aime l'ambiance de mon pays, c'est pour ça que j'y reste", ajoute-t-il.

Comme la plupart des sportifs musulmans, il bénéficie d'un traitement spécial cet été en ce qui concerne le ramadan qui se tient pendant les jeux Olympiques.

"Je peux manger et boire ce que je veux en journée, nous avons rencontré un responsable religieux avant le départ qui nous l'a expliqué. Heureusement, en escrime on a besoin de toutes nos forces", souligne le garçon.

Le jeune homme, dirigé par le Polonais Pawel Kantorski, se réjouit que sa médaille d'argent fasse parler de l'escrime africaine dans le monde entier.

"C'est un moment de bonheur et de fierté. Pas seulement pour l'Egypte, mais pour l'ensemble de l'Afrique qui a bien besoin de moyens pour développer l'escrime", souligne-t-il.

Souriant, naturel, maîtrisant bien l'anglais et le français --en plus évidemment de l'arabe--, le jeune fleurettiste possède tous les arguments pour en devenir sa figure de proue, chez lui en Afrique.

Avant peut-être de conquérir le monde, comme il a pu le faire en 2010 à l'occasion des Mondiaux juniors...

fbr/jr

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