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Intimidation, corruption dans la sélection des députés somaliens, selon l'ONU

01/08/2012 04:46 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

Le fragile processus politique en Somalie est en danger, a averti mercredi le représentant spécial de l'ONU pour la Somalie, Augustine Mahiga, dénonçant les méthodes d'intimidation et de corruption utilisées par l'élite politique pour désigner les nouveaux députés du pays.

Les autorités de transition somaliennes, accusées de corruption massives mais toujours soutenues par la communauté occidentale, doivent passer la main le 20 août. Le processus prévoit la désignation de nouveaux députés, choisis par des chefs coutumiers non élus, du nouveau président du pays et l'adoption d'un projet de nouvelle Constitution, qui sera ultérieurement soumis à référendum.

L'étape est considérée comme clé pour rétablir la paix en Somalie, ravagée par plus de 20 ans de guerre civile.

Mais dans un communiqué publié mercredi, M. Mahiga s'inquiète d'informations "troublantes" selon lesquelles des politiciens anciennement ou actuellement en poste tenteraient de faire pression pour rester ou revenir au Parlement. Le responsable parle d'"échange et de demande de faveurs, de pots-de-vin et d'intimidation".

"Nous ne pouvons pas permettre que des sièges parlementaires se transforment en marchandises à vendre ou mises aux enchères au plus offrant, au moment où nous tentons de reconquérir la véritable stature d'une nation somalienne digne et respectée," poursuit-il.

La Somalie est privée de gouvernement central effectif depuis la chute du président Siad Barre en 1991. Les actuelles autorités de transition, au pouvoir dans la capitale Mogadiscio depuis huit ans, ont, comme les autres avant elles, été incapables de restaurer un semblant d'autorité centrale dans le pays.

La situation chaotique qui règne depuis deux décennies a permis l'éclosion de chefs de guerre, milices, groupes islamistes et autres gangs, notamment de pirates, qui luttent pour des territoires.

La violence fait encore partie intégrante du quotidien : mercredi, un membre des forces somaliennes de sécurité a été blessé quand deux kamikazes ont déclenché les explosifs qu'ils portaient sur eux à l'extérieur de l'Assemblée constituante réunie à Mogadiscio, selon la police et le ministre somalien de l'Intérieur.

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