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Hicham Qandil, un technocrate propulsé Premier ministre

01/08/2012 09:48 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

Le nouveau Premier ministre égyptien Hicham Qandil est un technocrate peu connu du public, qui se présente comme un indépendant uniquement soucieux d'efficacité même si des sympathies islamistes lui sont prêtées.

Obscur ministre de l'Irrigation dans le gouvernement sortant, il a surtout fait parler de lui dans la presse pour avoir empêché un employé suicidaire de se jeter par la fenêtre.

Sa désignation le 24 juillet par le président islamiste Mohamed Morsi pour former le nouveau gouvernement propulse sous les feux de la rampe cet homme aux portes de la cinquantaine -il est né en septembre 1962- et à l'allure ronde.

Cette nomination provoque la surprise, après des semaines de spéculations au sujet de personnalités plus connues et plus âgées pour ce poste à hauts risques, dans un contexte de crise économique et de fortes tensions politiques.

M. Qandil devra notamment concrétiser les promesses d'améliorer les conditions de vie des Egyptiens faites par le président Morsi, premier président du pays issu de la mouvance islamiste, élu démocratiquement mais de justesse contre un ancien Premier ministre du président déchu Hosni Moubarak.

Lors de sa désignation, il a "exhorté toutes les forces politiques et le peuple d'Egypte à nous soutenir dans cette difficile mission".

"Nous devons déployer tous les efforts pour réaliser les objectifs de la révolution" qui a chassé M. Moubarak du pouvoir en février 2011, a-t-il affirmé. M. Qandil a assuré que le choix de ses ministres "ne serait pas basé sur des orientations" politiques, mais sur la "compétence".

Mais sa nomination a déçu les milieux laïques, où M. Morsi avait su gagner des soutiens, au motif que M. Qandil pourrait partager les convictions islamistes du chef de l'Etat.

Le nouveau Premier ministre se présente lui-même comme un homme religieux, déclarant à des journalistes après sa nomination l'an dernier au ministère de l'Irrigation avoir laissé pousser sa barbe "conformément à la sunna" (la tradition de Mahomet).

Il a été contraint de démentir appartenir aux Frères musulmans ou être membre d'un quelconque parti, ce qui n'empêche pas les Egyptiens de spéculer sur de possibles sympathies islamistes.

Sur internet, certains sites le décrivent comme un bigot, témoignant de la suspicion d'une partie de la population envers tout pouvoir issu de la victoire du président islamiste.

Ingénieur diplômé de l'Université du Caire, M. Qandil a également décroché en 1993 un doctorat de l'Université de Caroline du Nord, aux Etats-Unis.

Il a ensuite assumé de hautes fonctions au sein de l'administration égyptienne, notamment au sein du ministère de l'Irrigation dont il a été appelé à prendre la direction par le Premier ministre sortant, Kamal al-Ganzouri, désigné en décembre par le pouvoir militaire de l'époque.

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