Lagarde pointe une «perte de confiance» en Europe mais aussi aux Etats-Unis

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La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a regretté mercredi "une perte de confiance" dans l'économie mondiale, alimentée par la crise de la dette dans la zone euro mais également par "d'importantes questions" sur la situation budgétaire aux Etats-Unis.

"Nous observons clairement en ce moment une perte de confiance qui est alimentée par une combinaison de mauvais indicateurs économiques et par la réaction des investisseurs à cette situation", a déclaré Mme Lagarde lors d'une conférence de presse au siège du Fonds monétaire international à Washington.

Mi-juillet, le FMI avait déjà légèrement revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale (+3,5%) mais Mme Lagarde a tenu mercredi à souligner les "doutes" sur les capacités des dirigeants à "mettre en oeuvre les mesures auxquelles ils se sont engagés".

La patronne du FMI a sans surprise évoqué la situation en zone euro où les dirigeants doivent encore finaliser leur Fonds de secours européen et ratifier l'aide à la recapitalisation des banques promise fin juin à l'Espagne.

Concernant la Grèce, Mme Lagarde a souhaité balayer les rumeurs selon lesquelles le Fonds songerait à se retirer de la "troïka" qu'il a formée avec la Banque centrale européenne (BCE) et l'Union européenne pour venir en aide à ce pays, qui dispose depuis février d'une ligne de crédit de 130 milliards d'euros.

Elle a toutefois à nouveau exhorté Athènes à mettre en oeuvre le plan d'économies drastique exigé en contrepartie de cette aide. "Nous serons honnêtes mais nous serons exigeants et nous ne serons pas complaisants", a-t-elle averti.

La directrice générale du Fonds a par ailleurs semblé écarter l'hypothèse d'un programme de sauvetage global de l'Espagne, en proie à des difficultés à se financer, estimant que le FMI ne pourrait "pas demander beaucoup plus" que le plan d'économies de 65 milliards d'euros annoncé début juillet par Madrid.

A la veille d'une réunion de la BCE, Mme Lagarde a également réaffirmé que des "marges de manoeuvre" existaient en Europe s'agissant de la politique monétaire.

Dressant un tableau "relativement sombre" de la conjoncture économique mondiale, la patronne du Fonds a assuré que la zone euro n'était pas "le seul problème" de l'économie mondiale et a pointé les incertitudes sur la situation budgétaire aux Etats-Unis.

Selon ce qu'il est convenu d'appeler le "mur budgétaire" ("fiscal cliff"), les Etats-Unis pourraient se retrouver dans l'impasse si un accord au Congrès n'est pas trouvé d'ici à la fin de l'année pour juguler les effets de l'expiration programmée de mesures de relance couplée à celle de réductions d'impôt.

"Il y a d'importantes questions concernant l'avenir économique des Etats-Unis, en raison particulièrement du possible +mur budgétaire+", a prévenu Mme Lagarde, affirmant que "beaucoup restait à faire".

"Des mesures solides doivent être discutées et approuvées, et ce n'est pas encore le cas", a-t-elle ajouté.

Concernant la régulation financière, Mme Lagarde a par ailleurs souhaité que les enquêtes en cours sur les manipulations du Libor, un taux interbancaire central pour l'économie mondiale, "stimulent" les efforts de réforme du secteur afin de parvenir à "plus de transparence".

"Plus de trois ans après les efforts massifs pour réformer la régulation financière, cette réforme n'est pas achevée, loin s'en faut", a déclaré Mme Lagarde, ajoutant qu'il y avait encore "beaucoup à faire" sur ce point, notamment en Europe et aux Etats-Unis.

Défendant l'action du FMI pendant la crise, Mme Lagarde a dit espérer pouvoir mettre en oeuvre d'ici à la fin de l'année une partie de la réforme de la gouvernance du Fonds, votée en 2010 et censée donner plus de poids aux émergents.

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