VANCOUVER - Le phénomène du troc de faveurs sexuelles contre de l'alcool et des drogues chez les adolescents persiste à un niveau faible mais stable, bien que la plupart d'entre eux fréquentent l'école et vivent chez leurs parents, conclut une nouvelle étude de l'université de la Colombie-Britannique (UBC).

Sa principale auteure, la professeure à UBC Elizabeth Saewyc, explique que les recherches révèlent que le phénomène continue à se passer «dans l'ombre» mais qu'un message positif ressort de l'étude.

Mme Saewyc souligne que la famille fait une «différence importante» dans le comportement de leurs enfants. Si les parents parlent de valeurs et d'objectifs avec leurs enfants, en plus de leur donner un modèle de relation amoureuse saine, ceux-ci en tiendront compte dans leurs décisions sur leur vie sexuelle.

Le rapport a impliqué la participation de 2360 étudiants de 28 écoles secondaires du sud-est de la Colombie-Britannique, puisant l'information d'un questionnaire bi-annuel.

Les auteurs de cette étude, publiée mercredi dans le Canadian Journal of Human Sexuality, mentionnent que leurs conclusions sont semblables à celles d'autres recherches du genre menées au Québec, aux États-Unis et à Oslo, en Norvège.

L'étude démontre qu'un peu plus de 2,0 pour cent des adolescents ayant testé l'alcool, la marijuana et d'autres drogues ont aussi échangé des faveurs sexuelles pour obtenir l'une ou l'autre de ces substances.

Les garçons et les filles sont quasi tout aussi susceptibles les uns que les autres de pratiquer ce genre d'échanges, tandis que 83 pour cent de garçons et 98 pour cent de filles s'y adonnant habitent toujours la maison familiale.

Mme Saewyc a souligné que les enfants se sentant moins soutenus par leur famille sont beaucoup plus à risque d'échanger des faveurs sexuelles pour de l'alcool et des drogues.

Les jeunes filles prêtent à offrir de telles faveurs à des garçons plus âgés possédant une voiture et ayant de l'argent n'est en rien un phénomène nouveau, souligne Diane Sowden, directrice administrative de la Children of the Street Society, basée à Coquitlam, en Colombie-Britannique.

Selon elle, ce genre d'incidents se produit lors de fêtes et pour quelque chose d'aussi modeste qu'un trajet en voiture.

Mme Sowden affirme avoir vu l'attitude des adolescents se transformer grâce à l'éducation.