La disqualification de huit joueuses de badminton profite à deux Canadiennes

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BADMINTON CANADA
Alex Bruce et Michele Li. (Getty Images) | Getty Images

LONDRES - Quelque 24 heures après avoir été éliminées de la compétition à la suite d'une troisième défaite en autant de matchs, les Canadiennes Alex Bruce et Michele Li ont de nouveau pu rêver à une médaille à la suite de l'expulsion, mercredi, de quatre équipes du tournoi de badminton féminin en double des Jeux de Londres pour avoir tenté de perdre volontairement.

Bruce et Li, deux Ontariennes, ont été réintégrées au sein du groupe A et ont même accédé aux demi-finales, mercredi après-midi, après avoir battu les Australiennes Leanne Choo et Renuga Veeran, 21-9, 18-21, 21-18.

Les Canadiennes retourneront sur le court jeudi pour se mesurer aux Japonaises Mizuki Fujii et Reika Kakiiwa, classées quatrièmes.

Tout en admettant être déçue qu'une telle controverse vienne entacher son sport, Bruce a essayé d'effacer de son esprit les circonstances qui ont entouré cette participation inattendue des Canadiennes aux quarts de finale.

«Nous voulions nous présenter sur le terrain et tout donner, saisir le moment et vivre de nouveau l'expérience olympique», a déclaré Bruce.

«Nous ne sommes pas excitées par ce qui est arrivé. C'est très désolant», a-t-elle ajouté, précisant qu'elle avait appris à 15 h 30, heure de Londres, qu'elle et sa partenaire Li devaient disputer un match à 17 h.

Selon Li, il fallait demeurer calme et ne pas se concentrer sur la controverse.

«Aujourd'hui, nous avons eu droit à une chance et nous en avons profité. Nous ne pourrons jamais bénéficier d'une deuxième opportunité de ce genre. Nous sommes très heureuses. Nous avons été chanceuses et nous avons fait de notre mieux.»

Les huit joueuses expulsées — quatre originaires de la Corée du Sud, deux de la Chine et deux de l'Indonésie — ont été accusées par la Fédération mondiale de badminton (FMB) de s'être «conduites d'une façon clairement abusive ou préjudiciable à l'endroit du sport».

Les Sud-Coréennes Jung Kyun-eun, Kim Ha-na, Ha Jung-eun et Kim Min-jung, les Chinoises Wang Xiaoli et Yu Yang, ainsi que les Indonésiennes Meiliana Jauhari et Greysia Polii ont comparu en audience disciplinaire mercredi, au lendemain de prestations qui ont suscité les huées des spectateurs, qui réalisaient que les joueuses tentaient de perdre volontairement.

Wang Xiaoli et Yu Yang sont les championnes du monde en titre en double.

«Hier soir (mardi), j'étais sur place et je regardais les matchs, et il ne m'est jamais venu à l'idée que je serais ici ce soir», a confié Li.

Le secrétaire-général de la FMB, Thomas Lund, a reconnu qu'il existait un problème et qu'il fallait y faire face avec beaucoup de sérieux.

«Il y a des aspects que nous pouvons améliorer et que nous examinerons à l'issue de la compétition.»

La Corée du Sud et l'Indonésie ont logé appel de leur disqualification, mais la FMB a rejeté l'appel sud-coréen tandis que celui de l'Indonésie a éventuellement été retiré. La délégation chinoise a accepté la décision de la Fédération.

«Nous félicitons la Fédération pour cette décision rapide et ferme, a déclaré à l'Associated Press le porte-parole du Comité international olympique (CIO), Mark Adams. Un tel comportement est incompatible avec les valeurs olympiques.»

En début de soirée mercredi, à Londres, le président du CIO, Jacques Rogge, a dit que son organisation pourrait imposer d'autres sanctions contre les joueuses visées.

En entrevue avec l'Associated Press, M. Rogge a manifesté son soutien à la décision de la FMB, mais avisé qu'il pourrait intervenir «en cas de besoin».

«Nous sommes en communication avec les comités olympiques nationaux pour voir quelles mesures ils prendront, et nous déciderons en conséquence», a précisé M. Rogge.

Une formule déficiente?

Selon certaines équipes, la controverse pourrait avoir été causée par la formule de tournoi en rotation, adoptée en lieu et place du système de simple élimination, qui donnerait l'opportunité aux duos de manipuler les résultats de façon à affronter des rivaux moins menaçants lors de la ronde éliminatoire.

Les Chinoises ont tenté de manipuler le tableau après que leurs consoeurs Qing Tian et Yunlei Zhao, classées deuxièmes, eurent subi une défaite inattendue aux mains de Danoises, mardi matin. Ce revers aurait pu mener à un duel entre les deux équipes chinoises en demi-finale, plutôt qu'en finale.

Wang et Yu ont alors décidé de perdre volontairement afin d'aboutir dans la portion inférieure du tableau éliminatoire. Elles n'ont fourni que très peu d'effort, à l'instar des Sud-Coréennes, provoquant les huées et les cris de dérision des spectateurs.

Les joueuses ont également reçu des avertissements de l'officiel et de l'arbitre en chef du tournoi, Torsten Berg. Wang et Yu ont atteint l'objectif visé, perdant le match.

Une heure plus tard, les Sud-Coréennes Ha et Kim ont cherché à leur tour à perdre leur match face aux Indonésiennes, pour éviter d'affronter Wang et Yu en quarts de finale.

Tôt dans le match, les quatre joueuses ont reçu un avertissement de l'arbitre pour manque d'effort, et Berg est revenu sur le court et a sorti des cartons noirs, disqualifiant les joueuses. Les disqualifications ont toutefois été annulées après promesses des joueuses d'afficher plus d'ardeur.

Dans la troisième manche, Berg est revenu et a pressé les joueuses de terminer le match, et les Indonésiennes ont éventuellement perdu, poussant Ha et Kim vers un match éliminatoire qu'elles ne voulaient pas.

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