NOUVELLES

Des quartiers chrétiens de Damas réputés pro-régime, touchés par les combats

01/08/2012 04:18 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

Des combats entre armée syrienne et rebelles ont pour la première fois éclaté aux abords de deux quartiers chrétiens réputés comme étant pro-régime, dans le centre de Damas, mercredi aux premières heures de la journée.

Dans le même temps, les troupes du régime de Bachar al-Assad étaient toujours mobilisées à Alep (Nord), poumon économique du pays et front crucial en Syrie, où la révolte populaire lancée il y a plus de 16 mois est devenue conflit armé.

A Damas, "des combats ont éclaté mercredi après 02H00 (23H00 GMT mardi), aux abords des quartiers de Bab Touma et Bab Charqi", théâtres à plusieurs reprises de manifestations de soutien au président Assad, contesté par la rue, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'ONG, qui s'appuie sur un important réseau de militants à travers la Syrie, a précisé que "les premières informations font état d'un mort parmi les soldats".

Après une semaine de combats d'une violence inédite dans la capitale, l'armée a repris le 23 juillet l'ensemble des quartiers perdus au profit des rebelles lors de leur bataille de "libération" de Damas.

Depuis, les combats se concentraient à Alep, la deuxième ville du pays, dont les rebelles cherchent à prendre le contrôle afin de créer une zone sécurisée jusqu'à la frontière turque, distante de 45 km environ. Ankara est un ancien allié de Damas devenu fervent soutien de l'opposition.

Mardi soir cependant, tirs nourris et explosions ont à nouveau retenti à Damas dans plusieurs quartiers hostiles au régime, ont indiqué mercredi une journaliste de l'AFP et des militants, forçant de nouveau les troupes à gérer deux fronts à la fois.

Et mercredi à l'aube, une explosion et des tirs intenses ont été entendus dans la rue Bagdad, grande artère menant au centre-ville et à Bab Touma, autrefois très prisé des touristes, selon les Comités locaux de coordination (LCC, opposition).

Selon les LCC, le grand quartier de Tadamoun, dans le sud de la capitale, a été visé par des tirs au mortier tôt mercredi matin.

"Jusque tard dans la soirée de mardi, des bruits d'explosions et de tirs ont été entendus de manière intermittente dans plusieurs quartiers, notamment à Kafar Soussé (sud). Ils se sont intensifiés en soirée", a indiqué une journaliste de l'AFP.

Des accrochages limités à Damas avaient repris lundi notamment à Kafar Soussé (sud) après une attaque rebelle aux lance-roquettes RPG contre un barrage de l'armée.

"Pratique établie de violations des droits humains"

---------------------------------------------------

Quelque 350 kilomètres plus au nord, Alep s'enfonçait toujours dans une bataille jugée décisive qui pourrait durer "des semaines", selon le quotidien Al-Watan proche du régime, qui assure que "L'armée resserre l'étau sur les terroristes d'Alep", terme utilisé par les autorités pour désigner les opposants.

Dans les environs, les troupes ont bombardé pendant une grande partie de la nuit une zone au nord-ouest d'Alep, des tirs de mitrailleuse lourde ont été entendus et des tirs de roquettes Grad ont été signalés dans la zone, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Ce pilonnage intervient après que les insurgés ont revendiqué mardi plusieurs victoires dans la ville d'Alep, assurant s'être emparés de symboles du pouvoir et avoir tué 40 policiers, dont un général connu, selon eux, pour son engagement dans la répression de la révolté lancée en mars 2011.

Les rebelles ont aussi attaqué au lance-roquettes RPG le siège du tribunal militaire et une branche du parti Baas au pouvoir, et combattu l'armée près du siège des renseignements aériens et à la périphérie du quartier Salaheddine (sud-ouest), principal bastion rebelle assiégé.

Al-Watan évoque également ces attaques, ajoutant que "les forces de sécurité ont infligé de grandes pertes humaines dans les rang des hommes armés qui avaient visé des bâtiments de sécurité et le siège du parti Baas".

Mardi, 124 personnes ont été tuées dans les violences à travers le pays dont la moitié à Alep, selon l'OSDH.

Amnesty International a estimé mercredi dans son nouveau rapport que l'attaque de l'armée sur Alep faisait "logiquement suite à la pratique inquiétante mais bien établie de violations des droits humains perpétrées par les forces gouvernementales dans l'ensemble du pays".

S'appuyant sur des recherches menées fin mai, l'ONG affirme que "des familles de manifestants et de passants abattus par les forces de sécurité ont été contraintes de signer des déclarations où il était indiqué que leurs proches avaient été tués par des 'groupes terroristes armés'".

Dans le camp de l'opposition, si les rebelles semblent marquer des points sur le plan militaire, leurs instances politiques ont à nouveau montré mardi leurs divisions.

Au Caire, l'opposant Haytham al-Maleh, 81 ans, a annoncé avoir été chargé par une coalition de Syriens "indépendants" de former un gouvernement en exil qui sera basé au Caire, avant d'être aussitôt critiqué par le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition.

Plus de 276.000 personnes ont quitté la Syrie depuis mars 2011, selon les Nations unies et plus 20.000 autres ont péri dans les violences pendant cette période, d'après l'OSDH.

bur-sbh/sw

PLUS:afp