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Des avions de chasse tirent à Alep, El-Assad appelle l'armée à se mobiliser

01/08/2012 04:39 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les combats s'intensifiaient mercredi à Alep, la plus grande ville de Syrie, où les observateurs de l'ONU ont confirmé que des avions de chasse avaient tiré sur les insurgés. Le président Bachar el-Assad a appelé l'armée syrienne à redoubler d'efforts pour protéger le pays.

Selon la porte-parole de la mission d'observation des Nations unies en Syrie, Sausan Ghosheh, les observateurs ont été témoins de tirs d'avions de chasse à Alep, dans le nord du pays, où les combats font rage depuis 12 jours entre les forces du régime et les rebelles. Elle a évoqué une situation alarmante dans la capitale commerciale syrienne, avec «une forte utilisation d'armes lourdes», dont disposent maintenant aussi les insurgés.

«Hier, pour la première fois, nos observateurs ont vu des tirs venant d'un avion de combat. Nous avons également la confirmation que l'opposition est en position d'avoir des armes lourdes, dont des chars», a souligné Mme Ghosheh. «Il y a des pénuries de nourriture, d'essence, d'eau et de gaz.»

Au cours de la semaine, des résidants d'Alep ont rapporté à l'Associated Press que des avions de combat avaient mitraillé des positions des insurgés. Des militants syriens ont mis en ligne de nombreuses vidéos montrant des insurgés aux commandes de chars du régime après avoir pris le contrôle de certaines bases de l'armée.

Alep, qui compte trois millions d'habitants, est le théâtre de violences depuis que les insurgés ont lancé une offensive dans la ville. Ils ont réussi à garder le contrôle de plusieurs quartiers malgré les assauts quotidiens des chars, hélicoptères et avions des forces gouvernementales.

L'agence de presse officielle SANA affirme que l'armée a remporté plusieurs victoires, en particulier dans le quartier Salaheddine. Selon l'agence, des dizaines de «terroristes» ont été tués, dont certains «de nationalités africaines».

Plus tôt dans la semaine, une source diplomatique occidentale avait affirmé que les Occidentaux s'inquiètent d'un afflux de combattants étrangers en Syrie, venus mener une guerre sainte contre le régime de Bachar el-Assad. Selon cette source, un nombre significatif de militants venus de Tchétchénie, du Yémen, de Libye, d'Irak, d'Afghanistan et du Pakistan se sont joints à l'insurrection.

Face à la détérioration de la situation humanitaire à Alep, le Programme alimentaire mondial (PAM) a décidé d'envoyer une aide d'urgence. L'agence onusienne a prévu de distribuer de la nourriture à près de 28 000 personnes, par l'intermédiaire du Croix-Rouge.

Lors d'une rare intervention publique à l'occasion du 67e anniversaire de la création de l'armée, le président Bachar el-Assad a réaffirmé que des ennemis étrangers utilisaient des «agents intérieurs» pour déstabiliser le pays et a exhorté l'armée à renforcer sa mobilisation.

«Aujourd'hui, vous êtes appelés à accroître votre préparation et votre volonté pour que les forces armées soient le bouclier, la muraille et la forteresse autour de la nation», a lancé le président aux militaires, selon l'agence SANA.

«Nous luttons contre un ennemi aux multiples facettes avec des buts précis. Cette bataille déterminera l'avenir de notre peuple et le passé, le présent et l'avenir de la nation», a ajouté Bachar el-Assad, qui ne s'est pas exprimé en public depuis l'attentat du 18 juillet à Damas, qui a tué quatre hauts responsables de la sécurité, dont le ministre de la Défense.

On ignore où le président syrien se trouve en ce moment. Son discours n'a pas été retransmis à la télévision, mais seulement publié dans le magazine de l'armée et par l'agence officielle.

«J'ai une grande confiance en vous et le peuple voit en vous une source de fierté et d'honneur (...) et un défenseur de causes justes», a poursuivi Bachar el-Assad, selon SANA. «Dans la guerre dans laquelle le pays est entraîné et (dans) la bataille contre des criminels et des groupes terroristes, l'armée a prouvé son courage.»

Pilier du régime syrien, les forces armées sont restées largement fidèles au président depuis le début du mouvement de contestation contre son régime, en mars 2011. Mais le rythme des défections s'est accéléré récemment. Selon le gouvernement turc, 28 généraux syriens ont déjà passé la frontière.

Des accrochages ont encore lieu aux abords de la capitale mercredi. Au petit matin, les résidants du quartier chrétien Bab Touma, dans la vieille ville de Damas, ont affirmé avoir entendu des tirs nourris pendant une demi-heure.

Des combats ont aussi été signalés dans plusieurs autres villes, dont Homs, dans le centre du pays. De violents affrontements ont eu lieu et la ville a essuyé des tirs de mortier, d'artillerie et de roquettes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation de l'opposition établie à Londres.

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