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Découverte d'anticorps résistants à la rage chez des personnes d'Amazonie (étude)

01/08/2012 07:30 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

Un groupe isolé de personnes vivant dans l'Amazonie péruvienne paraît être doté d'une résistance naturelle à la rage, maladie normalement mortelle si elle n'est pas traitée immédiatement.

Cette découverte a été faite en analysant des échantillons de sang provenant de six personnes ayant indiqué ne jamais avoir été vaccinées contre la rage.

Ces chercheurs ont découvert "des anticorps neutralisant le virus responsable de la rage", ce qui indique pour la première fois que certaines personnes pourraient avoir une réponse immunitaire potentiellement utilisable par les scientifiques pour trouver de nouvelles voies de traitement.

"Dans la très grande majorité des cas, la rage est mortelle pour les personnes contaminées", relève le Dr Amy Gilbert, du Centre national des maladies infectieuses zooniques et émergentes (NCEZID). Elle est le principal auteur de cette recherche publiée dans la revue American Journal of Tropical Medicine and Hygiene.

"Les résultats ouvrent la voie à la possibilité de certains types de résistance naturelle ou de réponse immunitaire plus forte dans certaines communautés exposées régulièrement à la maladie", explique le Dr Gilbert.

"Cela laisse penser qu'il pourrait y avoir des moyens de développer des traitements efficaces capables de sauver des vies dans des régions du monde où la rage reste une cause persistante de mortalité", ajoute-t-elle.

Cette recherche a été menée dans deux communautés isolées du Pérou, Truenococha et Santa Marta, où les cas d'infections mortelles par des morsures de chauve-souris sont fréquents.

Des prélèvements de sang ont été faits sur 63 personnes et sept avaient des anticorps neutralisant le virus de la rage. L'un des sept seulement avait été vacciné.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 55.000 personnes meurent chaque année de la rage dans le monde.

Les chauves-souris sont la principale cause des décès de la rage aux Etats-Unis et au Canada.

La rage transmise par ce petit animal volant est récemment apparue comme une menace de santé publique en Australie, en Amérique Latine et en Europe de l'Ouest, précise l'OMS.

La période d'incubation, entre l'infection et les première manifestations de la maladie, varie d'une semaine à un an pour la rage. Les personnes contaminées succombent d'hémorragie cérébrale, de crise cardiaque ou de paralysie musculaire généralisée.

ksh/js/lor

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