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USA/Opération sur le trafic d'armes: des responsables sévèrement épinglés

31/07/2012 03:40 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

Un rapport d'enquête, publié mardi par une commission parlementaire, épingle sévèrement plusieurs responsables américains sur la conduite d'une opération de lutte contre le trafic d'armes au Mexique qui a tourné au fiasco en 2009.

Ce rapport de près de 2.400 pages "détaille les nombreuses erreurs et décisions de responsables des services américains de lutte contre la contrebande et du bureau du procureur d'Arizona qui ont conduit à de graves problèmes", résume un communiqué de la commission de la Chambre chargée de superviser les activités du gouvernement.

L'opération "Fast and Furious", menée par l'Agence fédérale sur l'alcool, le tabac et les armes (ATF) pour lutter contre le trafic d'armes à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, avait tourné au fiasco quand des milliers d'armes avaient été perdues.

"Les témoignages et le refus persistant à coopérer pleinement ont montré que plusieurs responsables d'ATF et du ministère de la Justice auraient préféré discrètement glisser cette affaire sous le tapis", accuse le président républicain de la commission, Darrell Issa, dans ce communiqué.

"L'ATF et le bureau du procureur d'Arizona n'ont pas réussi à prendre en compte et à protéger la sécurité des Américains, des Mexicains et de leurs personnels", a ajouté M. Issa. "Bien qu'elles fassent partie des opposants les plus bruyants à la surveillance du gouvernement, cette enquête montre aussi que les deux agences font partie de celles qui ont le plus besoin d'attention et d'examen du Congrès", a-t-il ajouté.

La Chambre des représentants a voté la défiance à l'encontre du ministre américain de la Justice Eric Holder, fin juin dans cette affaire.

"Cette opération ratée pourrait avoir contribué à la mort du garde-frontière Brian Terry et d'un nombre inconnu de citoyens mexicains", ajoute le communiqué accompagnant le premier volet du rapport.

"Fast and Furious" avait abouti à la perte des quelque 2.000 armes que l'ATF avait fait passer en contrebande au Mexique avec l'objectif de piéger des membres de cartels mexicains en suivant ces armes à la trace. Au moins 122 de ces armes avaient finalement été utilisées pour perpétrer des crimes au Mexique, et deux avaient été retrouvées sur la scène du meurtre d'un garde-frontière américain en Arizona (sud-ouest), selon un précédent rapport.

"L'ATF a perdu du temps, de l'argent et des ressources sur les écoutes et a mis ses agents dans une situation difficile", a renchéri le sénateur républicain Chuck Grassley, dans ce communiqué. "L'ATF doit vraiment remettre de l'ordre dans ses actions et le ministère de la Justice s'assurer que ce type d'opération ne sera plus jamais autorisé", ajoute-t-il. Le rapport dénonce notamment que les deux responsables de l'ATF, les plus impliqués dans cette opération et qui portent le plus de responsabilités dans son échec, ont tous deux "conservé leur emploi" à l'Agence.

Un deuxième volet du rapport, qui doit être publié prochainement, doit se consacrer aux responsabilités au ministère de la Justice.

chv/bdx

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