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Tunisie: manifestation contre l'indemnisation des prisonniers politiques

31/07/2012 08:33 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

Des centaines de manifestants se sont rassemblés mardi devant le siège de l'Assemblée nationale constituante (ANC) à Tunis pour protester contre un projet de loi sur l'indemnisation des islamistes victimes de répression sous les anciens présidents Habib Bourguiba et Ben Ali.

"Non à l'indemnisation!, "Ni compensation, ni hypocrisie bande de voleurs!", scandaient les manifestants, dont la plupart sont des membres de l'Union des diplômés chômeurs, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Le peuple appauvri a besoin de cet argent", "Honte à ceux qui monnayent leur combat politique!", pouvait-on lire sur de grandes affiches brandies par des manifestants.

Le porte-parole du gouvernement, Samir Dilou a annoncé peu après le report de l'examen du projet de loi controversé, sans évoquer toutefois un retrait du texte soumis à l'ANC.

"L'examen du projet est reporté jusqu'à la réalisation d'une étude qui permettra de concilier les engagements de l'Etat (indemnisations, nldr) et le respect des équilibres financiers", a-t-il déclaré lors d'un point de presse

"Des engagements pour indemniser les prisonniers politiques ont été pris par les gouvernements provisoires post-révolution et seront respectés par le gouvernement actuel", a dit M. Dilou, également ministre des Droits de l'Homme et de la Justice transitionnelle.

Des appels à manifester contre le projet ont été lancés lundi sur les réseaux sociaux après la démission le 27 juillet du ministre des Finances Houcine Dimassi, qui a dénoncé ce projet de loi d'indemnisation.

Le ministre démissionnaire a affirmé que ce projet, issu selon lui d'une politique électoraliste du gouvernement, coûterait à l'Etat un milliard de dinars (500 millions d'euros environ) et toucherait environ 12.000 personnes.

Lundi, la page Facebook officielle de Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahda qui domine la coalition au pouvoir, a été submergée de commentaires hostiles au projet d'indemnisation pour les Tunisiens ayant bénéficié d'une amnistie post-révolution, dont les islamistes d'Ennahda constituent le plus gros contingent.

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