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Syrie: les combats continuent à Alep, la situation humanitaire se détériore

31/07/2012 02:16 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - La situation humanitaire est de plus en plus précaire à Alep, dans le nord de la Syrie, au onzième jour des combats entre les forces gouvernementales et les insurgés, ont rapporté mardi des militants de l'opposition présents sur place et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

D'après l'un des militants, Mohammed Saïd, les forces syriennes ont pilonné mardi les quartiers Salaheddine et Seif al-Dawla, dans le sud-ouest de la ville, tenus par les insurgés depuis le début de leur offensive lancée il y a 11 jours.

Le quartier Sakhour, dans le nord-est d'Alep, a lui aussi été pilonné, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Les forces gouvernementales ont de leur côté affirmé avoir repris le contrôle du quartier Salaheddine, ce que les insurgés ont démenti.

«La situation humanitaire est très mauvaise» à Alep, a expliqué Mohammed Saïd, joint par Skype. «Il n'y a pas assez de nourriture et les gens essaient de partir. Nous avons vraiment besoin de soutien de l'extérieur. Ils pilonnent les civils», a-t-il dénoncé. «La ville n'a presque plus de gaz, donc les gens cuisinent sur des feux ou à l'électricité, qui est souvent coupée», a-t-il ajouté.

Selon des estimations des Nations Unies, au moins 200 000 personnes ont fui les combats à Alep, une ville de trois millions d'habitants. Des réfugiés arrivés en Turquie ont décrit une ville dévastée par les bombardements.

Des «milliers d'habitants d'Alep, terrorisés, se réfugient dans des écoles, mosquées et bâtiments publics», a expliqué Melissa Fleming, une porte-parole du HCR. «Ces gens n'ont pas pu fuir la ville, parce qu'ils n'en ont pas les moyens ou jugent que c'est trop dangereux. Nous avons des informations selon lesquelles des gangs armés bloquent le chemin», a-t-elle dit.

«Nous avons identifié 32 écoles à Alep. Dans chacune d'elles, selon des témoignages ou ce que nous avons constaté, il y a de 250 à 300 personnes, dont beaucoup de familles, des enfants», a-t-elle poursuivi. Des milliers de civils se sont par ailleurs réfugiés dans les dortoirs des universités, en espérant «se mettre en sécurité, échapper aux bombardements et aux combats qui se poursuivent dans les rues d'Alep».

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