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Six morts lors d'une manifestation au Darfour contre la hausse des prix

31/07/2012 12:50 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

Six personnes ont été tuées mardi lors d'une manifestation au Darfour contre la hausse des prix, les pires violences depuis le début il y a plus de six semaines du mouvement de contestation au Soudan contre l'inflation et le régime, selon les autorités locales.

"Selon nos informations, six personnes ont été tuées", a déclaré Bothina Mohmed Ahmed, porte-parole du gouvernement de la province du Darfour-Sud dans l'ouest du pays. Elle n'a pas été en mesure de donner davantage de précisions sur leur mort. Plusieurs autres personnes ont été blessées.

"La manifestation a éclaté car les étudiants ont rejeté la hausse du prix des transports annoncée par le gouvernement", a dit la porte-parole.

"D'autres groupes", qu'elle n'a pas identifiés, ont attaqué les bâtiments publics durant la protestation à Nyala, capitale du Darfour-Sud, a-t-elle ajouté. "Mais maintenant la situation est sous contrôle" et les autorités "ont un plan pour sécuriser la ville dans les prochains jours".

Selon des témoins, les manifestants s'étaient rassemblés près du marché de Nyala. Ils ont jeté des pierres contre des bâtiments gouvernementaux et bloqué des rues en faisant brûler des pneus. Les forces de l'ordre ont riposté à coups de gaz lacrymogène.

Reprenant le slogan du Printemps arabe, les manifestants ont scandé: "le peuple veut la chute du régime!"

A Nyala, capitale d'une région en proie à une guerre civile, les habitants sont en outre confrontés à une grève des chauffeurs de transports publics qui protestent contre la hausse des prix de l'essence.

Cette hausse a provoqué lundi une manifestation de plus de 200 étudiants qui a dégénéré mardi, selon la mission conjointe Union africaine-ONU (Minuad) au Darfour. "Cela s'est passé sur les routes principales et dans la région du marché. Il y a eu des attaques contre les bâtiments", a dit le porte-parole de la force, Christopher Cycmanick.

Le régime du président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 23 ans, est régulièrement confronté à des manifestations depuis que des étudiants de l'Université de Khartoum sont descendus dans les rues le 16 juin pour protester contre la hausse des prix des produits alimentaires.

Le mouvement de contestation s'est ensuite répandu à travers le pays après l'annonce par le gouvernement d'un plan d'austérité prévoyant notamment une hausse des taxes et supprimant les subventions aux carburants.

Ces protestations sont souvent violemment dispersées par les forces de l'ordre et, selon une ONG soudanaise, plus de 2.000 personnes ont été interpellées depuis la mi-juin.

M. Béchir a minimisé le mouvement et assuré qu'il n'avait rien de comparable avec ceux du Printemps arabe, qui ont emporté plusieurs dirigeants historiques de la région.

Le Darfour connaît depuis quelques semaines une nouvelle flambée de violences entre les troupes gouvernementales et les rebelles du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM). Khartoum accuse les rebelles du JEM de s'être alliés avec le Soudan du Sud qui, selon les autorités soudanaises, soutient des révoltes armées dans les Etats soudanais du Kordofan-Sud et du Nil Bleu.

Le Soudan du Sud, Etat indépendant depuis juillet 2011, dément.

Les tribus non arabes du Darfour se sont soulevées contre Khartoum en 2003. L'ONU estime que plus de 300.000 personnes y ont été tuées depuis.

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