POLITIQUE

Pollution: Québec se dotera d'une politique sur la qualité de l'air, après 30 ans d'attente

31/07/2012 02:11 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT
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QUÉBEC - Après plus de 30 ans d'attente, Québec se dotera d'une politique sur la qualité de l'air.

À la veille du déclenchement des élections, pressenti pour mercredi matin, le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, s'est défendu de faire de l'électoralisme, même si la politique annoncée est loin d'être encore définie.

«Une politique de l'air, je pense que c'est non partisan, je pense qu'il n'y a pas un parti politique qui ne veut pas que les gens respirent un air de qualité», a-t-il dit lors d'une conférence de presse, mardi, matin à Québec, en compagnie de son collègue à la Santé, Yves Bolduc.

Des organismes tels que l'Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique (AQLPA) demandaient pourtant depuis le milieu des années 80 la mise en place d'une telle politique.

Mais selon M. Arcand, le fruit est maintenant «mûr» pour une politique sur la qualité de l'air, à la suite de l'adoption de divers règlements plus restrictifs. Aussi, le contexte politique est plus favorable, notamment en matière de coordination avec nos voisins, les provinces et États américains, par rapport à il y a quelques décennies, a-t-il ajouté.

«Ce n'était pas nécessairement quelque chose qui était à ce point prioritaire, pendant quelques années, sur le radar, a--t-il dit. Avec ce qui se passe, les coûts de santé, ainsi que l'impact des changements climatiques, de plus en plus évidents sur la santé humaine, il était clair qu'il fallait faire quelque chose.»

La pollution atmosphérique peut véritablement faire une hécatombe de décès prématurés. La corrélation entre les problèmes de santé — asthme, problèmes cardio-vasculaires, AVC — et la pollution de l'air est évidente et bien démontrée, a expliqué le Dr François Reeves, cardiologue d'intervention et notamment responsable du Comité Santé environnement de Médecins francophones du Canada.

«Donnez-moi le taux de pollution d'une ville et je peux vous donner le taux de pollution cardio-vasculaire», a-t-il illustré, au cours de la conférence de presse.

Il a cité l'exemple d'une étude d'une durée de 14 ans portant sur six villes américaines. La mortalité dans la ville la plus polluée était 25 pour cent plus élevée que dans la ville la moins polluée.

«La fumée à basses doses, de façon chronique, induit des taux de maladies cardio-vasculaires, d'AVC, et même de démence vasculaire, qui sont incroyables.»

Des consultations sont prévues à compter de l'automne pour élaborer les grandes lignes de la politique. Le calendrier n'a toutefois pas encore été établi.