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Mort d'Arafat: sa veuve porte plainte en France pour meurtre prémédité

31/07/2012 02:32 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

PARIS - La veuve de Yasser Arafat a formellement demandé à la France, mardi, d'enquêter sur les causes du décès de son mari, quelques semaines après de nouveaux soupçons voulant que l'ancien dirigeant palestinien ait été empoisonné avant sa mort à Paris en 2004.

Souha Arafat a porté plainte pour meurtre prémédité auprès du tribunal de grande instance de Nanterre, a indiqué son avocat, Pierre-Olivier Sur. Mme Arafat a porté plainte en son nom et au nom de sa fille Zahwa, âgée de 17 ans. On ne sait pas encore si le juge acceptera la plainte et si une enquête sera ouverte, comme la veuve le réclame.

Le 3 juillet, la chaîne arabophone Al-Jazira avait annoncé qu'un laboratoire suisse avait retrouvé des traces de polonium 210, une substance radioactive, sur les effets personnels utilisés par Yasser Arafat peu avant sa mort, relançant la thèse de l'empoisonnement.

Dans un entretien diffusé sur le site du «Figaro», Mme Arafat dit avoir réclamé, auprès de l'hôpital où est mort son mari, les prélèvements de sang et d'urine effectués avant sa mort afin de procéder à de nouvelles analyses. Elle se serait fait répondre que les prélèvements avaient été détruits il y a quatre ans.

«Cela m'intrigue. Pourquoi a-t-on détruit une partie du dossier médical, alors que tout justiciable peut saisir la justice dix ans après la mort d'un proche?», s'est-elle interrogée.

«On m'a dit qu'on ne savait pas de quoi il est mort. C'est surprenant qu'un pays souverain comme la France ignore la cause du décès d'un chef d'État, soigné dans un de ses hôpitaux», s'est étonnée la veuve.

Quant à une éventuelle exhumation du corps de Yasser Arafat, elle estime qu'il revient au juge d'instruction d'en décider, mais souligne que l'Autorité palestinienne peut prendre la décision d'elle-même.

«Je souhaiterais que ce soit la justice. Mon mari est mort d'une manière bizarre», a-t-elle souligné, en ajoutant que sa fille et le peuple palestinien «ont le droit de savoir».

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