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Médaillée de bronze, Christine Girard a finalement pu avoir son mari à ses côtés

31/07/2012 05:00 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - Walter Bailey, mari et entraîneur de Christine Girard, a failli ne pas être à ses côtés pendant la compétition de mardi aux Jeux olympiques de Londres. Il l'était et sa présence s'est avérée des plus précieuses, alors que l'haltérophile de 27 ans a décroché la médaille de bronze chez les 63 kg.

Le travail en coulisses des entraîneurs est important en haltérophilie et sans Bailey, l'entraîneur de compétition Guy Marineau aurait dû pédaler fort pour combler son absence. C'est là un scénario que le clan Girard aurait pu vivre puisqu'à son arrivée, Bailey n'a pas eu droit à une accréditation. Il a fallu que le Comité olympique canadien intervienne discrètement pour que le comité organisateur des Jeux de Londres autorise la présence de Bailey dans la salle d'échauffement, située derrière le plateau de compétition.

Girard a reconnu, mardi, que la présence de son mari avait une valeur inestimable.

«Walter est celui qui me connaît le mieux, a-t-elle indiqué. Guy a fait un excellent travail pour calculer les essais à faire et planifier les échauffements, tandis que Walter a fait un excellent travail au niveau de la technique et de l'encadrement.»

La présence de Bailey était vraiment importante, a lui aussi reconnu Marineau, qui ne dirige Girard qu'à temps partiel. Marineau réside à Lachute, au Québec, tandis que Girard et Bailey demeurent à White Rock, en Colombie-Britannique. C'est ce dernier qui lance des instructions et des encouragements à Girard pendant qu'elle tente sa levée en compétition, comme il le fait à la maison, pendant les entraînements. C'est donc une voix familière et rassurante.

«Elle travaille avec Walter tout le temps, a souligné Marineau. Quand il y a l'échauffement derrière, tu dois regarder les autres athlètes et comment le tableau de compétition se déroule. Tu ne peux donc pas, à ce moment-là, être avec l'athlète et la soutenir. Quand il n'y a qu'un entraîneur, l'athlète est donc laissée seule.

«Moi, j'observais les autres athlètes et comment le tableau de compétition se déroulait afin de faire les meilleurs choix de barre possible, a ajouté l'ancien haltérophile. J'allais ensuite demander à Walter si elle était capable de lever tel poids et il me donnait vite la réponse.»

«Je la connais mieux que quiconque. Je sais lire son langage corporel, ce qu'elle pense, a quant à lui expliqué Bailey. Je sais comment lui dire des choses de la façon qu'elle veut les entendre. Mon travail était d'interpréter ce qu'elle ne disait pas et de relayer le message entre Guy et elle d'une façon qui lui serait bénéfique.

«Par exemple, à un moment donné j'ai vu dans ses yeux que Christine voulait savoir à quel moment précis elle devait faire son prochain échauffement. Je suis allé voir Guy et il avait déjà tout calculé, et je suis revenu lui dire.»

Girard, qui a déjà commencé à travailler comme entraîneuse même si elle est au faîte de sa carrière d'athlète, ne sait pas si les Jeux de Londres seront ses derniers. Elle ne cache pas qu'elle veut redonner à l'haltérophilie canadienne ses titres de noblesse, et sa médaille de mardi représente un excellent jalon en ce sens. Sauf qu'elle aimerait peut-être aussi devenir dirigeante afin de contribuer à la restructuration de l'haltérophilie canadienne.

«Ça fait partie de mes projets. J'adore l'haltérophilie, c'est un excellent sport et j'aimerais simplement qu'il grandisse davantage, donc c'est sûr que je vais faire tout ce que je peux, peu importe les moyens, pour aider, a-t-elle commenté. En continuant d'être athlète, en étant entraîneur... Peu importe dans quel rôle, je sais que je vais continuer dans le sport et essayer de le faire grandir encore plus.»

Contrairement à d'autres sports, où c'est la fédération nationale qui reçoit des fonds du programme «À nous le podium», en haltérophilie c'est Girard qui reçoit des subventions d'ANP à titre personnel. C'est là un signe que cet organisme trouve qu'Haltérophilie Canada a besoin de structures plus étoffées — et gagnerait sans doute à s'inspirer de ce qui se fait du côté de la fédération québécoise.

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