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L'ONU fait pression sur Khartoum et Juba avant l'expiration de son ultimatum

31/07/2012 01:23 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

Des pays membres du Conseil de sécurité ont intensifié mardi leurs pressions sur le Soudan et le Soudan du Sud afin qu'ils règlent leurs différends, à deux jours de l'expiration d'un ultimatum des Nations unies.

"Nous demandons instamment aux deux dirigeants de se comporter en hommes d'Etat, de faire les compromis nécessaires pour parvenir à un accord sur les questions en suspens", a déclaré à la presse l'ambassadeur britannique auprès de l'ONU, Mark Lyall Grant, à l'issue d'une réunion du Conseil consacrée au Darfour, province de l'ouest du Soudan en proie à conflit depuis près de 10 ans.

"Le Conseil de sécurité a fixé une date limite et souhaite des résultats avant cette date", a-t-il affirmé.

"Nous avions espéré que les deux dirigeants (du Soudan et du Soudan du Sud, Omar el-Béchir et Salva Kiir) se rencontrent cette semaine pour essayer de régler leurs désaccords mais cette rencontre n'a pas encore eu lieu", a ajouté l'ambassadeur.

Les deux pays mènent des pourparlers à Addis-Abeba mais les discussions piétinent.

Dans une résolution adoptée le 2 mai, le Conseil avait donné aux deux pays jusqu'au 2 août pour régler leurs divergences, jamais résolues depuis l'indépendance du Soudan du Sud il y a un an, les menaçant de sanctions dans le cas contraire.

Ces différends, qui ont amené les deux voisins au bord d'un conflit ouvert, portent notamment sur le partage des revenus du pétrole et la délimitation de la frontière commune.

Des diplomates ont cependant estimé que les 15 pays membres du Conseil ne devraient pas mettre immédiatement leur menace à exécution.

"L'intention du Conseil n'est pas de s'engager dans l'épreuve des sanctions", a estimé un diplomate sous couvert de l'anonymat. "Sur les sujets de fond, il n'y a pas d'accord (entre Khartoum et Juba), le Conseil va donc prolonger les délais posés par la résolution 2046", a-t-il ajouté.

L'ex-président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de l'Union africaine entre les deux Soudans, doit s'exprimer devant le Conseil le 9 août. "Le Conseil décidera quelles mesures prendre à la lumière de ce rapport", a indiqué l'ambassadeur britannique.

En attendant, le Conseil a fait monter la pression sur Khartoum en adoptant une résolution qui renouvelle pour un an le mandat de la mission conjointe de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour (Minuad).

La résolution invite la Minuad à coopérer dans la traque de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), malgré les vives protestations de Khartoum. Elle demande aussi au gouvernement soudanais de lever "sans retard" les restrictions qu'il impose aux activités de la Minuad.

Les Etats-Unis, les plus critiques envers Khartoum, avaient déjà lancé dimanche un avertissement aux deux Soudans. Estimant "de plus en plus improbable" que Khartoum et Juba respectent le délai imposé, l'ambassadrice américaine Susan Rice avait rappelé la menace de sanctions économiques contenue dans la résolution 2046.

Le ministère français des Affaires étrangères avait souligné vendredi dernier "l'urgence d'un accord global entre le Soudan et le Soudan du Sud".

avz/bar

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