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L'ONU demande à sa mission au Darfour de coopérer dans la traque de la LRA

31/07/2012 12:25 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé mardi pour un an le mandat de la mission conjointe Union africaine-Nations unies (Minuad) au Darfour (ouest du Soudan) en réduisant ses effectifs et en lui demandant de coopérer dans la traque de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA).

Aux termes d'une résolution adoptée mardi, le plafond d'effectifs de la Minuad passe à 16.200 soldats, au lieu de 19.000, et 4.670 policiers.

Outre sa mission de protection de la population civile, la Minuad est invitée, "dans la limite des ressources existantes et conformément à son mandat, à coopérer et à partager les informations relatives à la menace" que fait peser la LRA sur la région.

La LRA est active dans quatre pays (République démocratique du Congo, Ouganda, Soudan du Sud, Centrafrique) où ses membres sont traqués par une force panafricaine. Des responsables de l'ONU avaient indiqué en mai que le chef de la LRA Joseph Kony pourrait se trouver au Darfour.

L'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant, dont le pays avait proposé cette résolution, a reconnu qu'il n'y avait pour l'instant "aucune preuve d'activité de la LRA" au Soudan. L'ambassadeur colombien Nestor Osorio, dont le pays préside le Conseil en juillet, a souligné cependant que la LRA "est une menace pour la région" dans son ensemble. Il s'agit, a-t-il expliqué, d'"avertir le gouvernement soudanais et la Minuad de la nécessité d'être très attentifs à cette situation".

L'ambassadeur soudanais Daffa-Alla Elhag Ali Osman a protesté contre cette référence à la LRA, estimant qu'il était "illogique de lier la LRA à la Minuad". "Il n'y a pas d'informations crédibles et vérifiées sur une présence de la LRA au Darfour", dont le principal théâtre d'opérations est l'Ouganda, a-t-il ajouté.

Créée dans les années 80, la LRA opérait alors dans le nord de l'Ouganda, où elle a multiplié les exactions - enlèvements d'enfants transformés en soldats et en esclaves et mutilations de civils. Elle en a été chassée en 2006 par l'armée ougandaise, avant de s'éparpiller dans des denses forêts des pays alentours.

Les armées de la région, soutenues par une centaine de membres des forces spéciales américaines, sont actuellement lancées à la poursuite de la milice. La LRA serait aujourd'hui composée de quelque 150 hommes, éclatés en petits groupes.

avz/lb

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