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Les rebelles syriens attaquent des lieux symboles du pouvoir à Alep

31/07/2012 08:33 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

Les rebelles ont pris mardi pour cible des lieux symboles du pouvoir à Alep attaquant le tribunal militaire, une branche du parti Baas et prenant deux commissariats dans la capitale économique de la Syrie où se joue depuis dix jours une bataille déterminante.

Les forces gouvernementales et les rebelles envoyaient mardi des renforts vers Alep "pour une bataille décisive qui devrait durer des semaines", a affirmé une source de sécurité syrienne.

"L'armée syrienne encercle les quartiers rebelles, bombarde mais va prendre son temps avant de se lancer à l'assaut de chaque quartier" tenu par les rebelles, a ajouté cette source.

Au moins 40 policiers syriens ont été tués dans des combats et la prise par les rebelles de deux commissariats dans le sud d'Alep (nord), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Des centaines de rebelles ont attaqué deux commissariats de police à Salhine et Bab Nairab (sud) et au moins 40 policiers ont été tués durant les combats qui ont duré des heures", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, qui se base sur un réseau de militants.

Les rebelles avaient aussi attaqué à l'aube au lance-roquettes RPG le siège du tribunal militaire et une branche du parti Baas au pouvoir dans la ville, selon l'OSDH.

Des combats ont éclaté par ailleurs près du siège des puissants renseignements aériens, dans le quartier d'al-Zahra dans l'ouest ainsi qu'à la périphérie du quartier Salaheddine (sud-ouest), principal bastion rebelle assiégé par les troupes régulières.

Mais alors que l'armée syrienne pilonnait la ville chaque jour depuis l'ouverture du front d'Alep le 20 juillet, aucun bombardement n'a été entendu depuis mardi matin, selon un journaliste de l'AFP.

L'armée avait lancé une vaste offensive samedi après l'arrivée de renforts militaires dans la ville.

A Bab Nairab, dans le sud-est d'Alep, des accrochages ont opposé les insurgés "à des hommes armés du clan Berri", farouches partisans du régime dominé par les alaouites, une émanation du chiisme, selon M. Abdel Rahmane.

Le fait que le régime permette à ces clans sunnites de participer aux combats au côté de l'armée "signifie qu'il veut entraîner le pays dans une guerre civile", selon lui.

Lundi les rebelles avaient marqué un point en prenant un poste de contrôle clé leur permettant d'acheminer renforts et munitions à Alep en ouvrant l'accès de la métropole du nord à la frontière turque, 45 km plus loin.

Selon une source de sécurité syrienne, les rebelles font venir de Turquie des renforts vers Alep grâce à ce point de contrôle stratégique d'Andane, situé à 5 km au nord-ouest d'Alep.

Les bombardements par hélicoptères et à l'artillerie lourde dans cette ville de 2,5 millions d'habitants et ses environs ont jeté sur les routes ces deux derniers jours quelque 200.000 personnes, selon l'ONU.

Selon la porte-parole du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), Melissa Fleming, certains civils préfèrent ne pas quitter la ville et cherchent à se réfugier dans les écoles et dortoirs universitaires, car ils jugent le voyage en dehors de la ville trop dangereux en raison notamment de la présence de snipers et de barrages sur les routes.

"A Damas, notre bureau est toujours opérationnel, mais à 50% seulement", en raison des restrictions liées à la sécurité, a-t-elle expliqué.

Et l'exode des Syriens, fuyant les violences dans leur pays, se poursuit. Plus de 267.000 personnes, toutes n'étant pas enregistrées auprès du HCR, ont quitté la Syrie depuis le début de la révolte, selon les derniers chiffres de l'organisation.

Depuis mars 2011, plus de 20.000 personnes ont péri dans les violences, selon une ONG syrienne. Lundi 93 personnes ont été tuées, dont 41 civils, 33 soldats et 19 rebelles.

L'ONG française Médecins du Monde (MDM) a pour sa part appelé les belligérants à respecter les règles de droit en période de guerre, les accusant de ne pas protéger civils et blessés, d'empêcher les médecins de travailler et de bombarder les hôpitaux.

Les combats ont également repris à Damas, tombée de nouveau sous le contrôle de l'armée après une semaine d'affrontements à la mi-juillet. Les accrochages ont eu lieu notamment dans le quartier de Kafar Soussé après une attaque rebelle aux roquettes contre un barrage de l'armée.

Le régime a par ailleurs accusé le coup d'une nouvelle défection avec celle de son chargé d'affaires à Londres, Khaled al-Ayoubi, plus haut diplomate syrien en poste au Royaume-Uni qui a voulu marquer son refus de la répression.

Il s'agit de la cinquième défection d'un diplomate syrien depuis le début de la révolte.

L'Iran, allié du régime syrien, a indiqué qu'il "ne permettra pas à l'ennemi d'avancer" en Syrie mais ajouté qu'il ne ne voit pas la nécessité d'intervenir pour le moment.

Lundi à Damas, le quotidien Al-Watan, proche du pouvoir, a affirmé que l'Iran avait mis en garde la Turquie contre toute attaque en territoire syrien, affirmant que Téhéran ripostera "durement" pour venir au secours de son allié.

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