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Le PIB a lègèrement progressé, de 0,1 pour cent, en mai, selon StatCan

31/07/2012 09:09 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

OTTAWA - L'économie canadienne a donné un coup de frein en mai, avec une croissance décevante de seulement 0,1 pour cent qui semble mettre la table pour un deuxième trimestre et une année inférieurs aux attentes.

Les données dévoilées mardi concernant la performance du produit intérieur brut (PIB) en mai signifient que seul le mois d'avril, avec sa poussée de 0,3 pour cent, a été le théâtre d'une avancée solide depuis le début de l'année.

Les économistes attendaient plutôt une performance de 0,2 pour cent, voire de 0,3 pour cent, compte tenu de données qui permettaient de croire que les ventes au détail, la fabrication et le commerce en gros alimenteraient tous la croissance.

Les ventes au détail ont effectivement bien fait, s'améliorant de 0,7 pour cent après avoir fléchi en avril, tandis que le commerce de gros a progressé de 0,1 pour cent, une sixième hausse consécutive.

La fabrication s'est toutefois repliée de 0,5 pour cent en mai. La production de biens durables a diminué de 0,6 pour cent, surtout en raison des baisses observées dans la fabrication de machines, dans la fabrication de produits informatiques et électroniques et dans la première transformation des métaux.

La construction a reculé de 0,2 pour cent en mai, une nouvelle indication du refroidissement du marché immobilier résidentiel.

Les économistes réduisent leurs attentes envers l'économie depuis le début de l'année, surtout en raison de la détérioration de la crise européenne et de la croissance anémique aux États-Unis, et préviennent maintenant que d'autres déceptions sont à prévoir.

«C'est peut-être la meilleure performance que nous puissions attendre quand nos principaux partenaires commerciaux sont faiblards, comme aux États-Unis, ou invisibles, comme en Europe», a expliqué l'économiste en chef de Marchés mondiaux CIBC, Avery Shenfeld.

La faiblesse mondiale explique en partie le recul du secteur manufacturier, qui dépend des exportations, mais l'économie intérieure émet elle aussi des signaux inquiétants.

«On dirait que le secteur immobilier perd de l'altitude», a dit l'économiste Doug Porter, de la Banque de Montréal (TSX:BMO), en soulignant le déclin de la construction résidentielle et le recul de 4,8 pour cent de l'activité des agents et courtiers immobiliers.

Derek Holt, de la Banque Scotia (TSX:BNS), a prévenu que sur la base des données actuelles, la croissance de la période avril-juin pourrait n'être que de 1,4 pour cent, soit une performance inférieure à celle de 1,8 pour cent maintenant prédite par la Banque du Canada.

Cela en ferait le troisième trimestre consécutif de croissance inférieure à 2 pour cent, depuis le dernier trimestre de 2011.

Certains économistes croient maintenant que le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, annoncera une nouvelle réduction des taux d'intérêt pour renflouer l'économie du pays, plutôt que de risquer de l'affaiblir en les augmentant.

On ne devrait pas non plus attendre la création de nouveaux emplois. «Une croissance de 1,5 pour cent à 2 pour cent n'est pas si terrible que ça, mais c'est un rythme qui ne fera rien pour abaisser le taux de chômage», a dit M. Shenfeld.

Sept des 18 secteurs d'activité économique sont demeurés inchangés ou ont reculé. Le secteur de la finance et des assurances a progressé de 0,5 pour cent, grâce à l'augmentation du volume de transactions sur les marchés boursiers et de prêts personnels. L'extraction minière, pétrolière et gazière a augmenté de 0,6 pour cent en mai, après une hausse de 2 pour cent en avril.

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