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Le Comité international olympique défend la nageuse chinoise de 16 ans Shiwen Ye

31/07/2012 11:02 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - Les responsables du Comité international olympique (CIO) et la Fédération internationale de natation (FINA) se sont portés à la défense de la sensation chinoise Ye Shiwen mardi.

Le président de la FINA a déclaré que les allégations à l'effet que l'adolescente faisait usage de produits anabolisants étaient «ridicules» et motivées par la jalousie, tandis que le CIO a réaffirmé sa confiance à son programme de tests.

«Soyons sérieux, a lancé Mark Adams, porte-parole du Comité international olympique. Nous sommes en présence des meilleurs athlètes au monde évoluant au plus haut niveau. Une foule de records ont été battus un peu partout.»

Adams a rappelé que les athlètes se classant parmi les cinq premiers dans chaque discipline, ainsi que deux autres, doivent se soumettre à un test dans le cadre «d'un programme très, très efficace, et nous avons confiance de prendre en défaut les tricheurs, s'il y en a».

«On ne peut empêcher les allégations. Inévitablement, c'est la triste conséquence du fait que des gens se droguent et trichent, a ajouté Adams. C'est très triste de ne pas pouvoir applaudir une grande performance. Donnons le bénéfice du doute aux athlètes.»

Ye a remporté le 400 mètres quatre nages individuel lors de la première journée des épreuves de natation, samedi, avant de dominer le 200 mètres QNI, mardi soir, grâce à un chrono de 2:07,57, un record olympique. et était la favorite pour remporter le 200 mètres QNI.

Au 400 QNI, la nageuse âgée de 16 ans a négocié la dernière portion de 50 mètres en style libre en 28,93, un chrono inférieur à celui de 29,10 de l'Américain Ryan Lochte lors de la dernière longueur de la même épreuve. Lochte avait remporté l'or.

Le temps de 4:28,43 de Ye, par ailleurs, a fracassé par plus d'une seconde l'ancienne marque mondiale établie par l'Australienne Stephanie Rice, dans un maillot maintenant interdit, lors des Jeux de Pékin.

John Leonard, directeur de l'Association des entraîneurs de natation des États-Unis, est l'un de ceux qui ont ouvertement remis en question la légitimité de la nageuse chinoise.

Dans une déclaration publiée par le quotidien The Guardian, Leonard a mentionné que les 100 derniers mètres de sa course «rappelaient certains anciens nageurs de l'Allemagne de l'Est».

«L'histoire de notre sport nous démontre qu'à chaque fois que nous voyons quelque chose, et j'ajoute des guillemets ici, 'd'incroyable', il s'avère que le dopage y était mêlé», aurait affirmé Leonard.

Interrogé au sujet des propos de Leonard, le président de la FINA, Julio Maglione, a déclaré à l'Associated Press que les gens étaient libres de dire «des idioties» s'ils le veulent.

«C'est une grave erreur», a soutenu Maglione au sujet de ceux qui doutent de la légitimité de Ye. «Les gens qui disent cela sont fous.»

Maglione a noté que la FINA dépense 1 million $ afin de tester les 30 meilleurs nageurs au monde deux ou trois fois par année et ajouté que «la natation est absolument propre».

Maglione a également assuré avoir aucun doute au sujet de Ye et déclaré que ses détracteurs étaient jaloux parce que la Chine était devenue une puissance de la natation.

«C'est excellent pour la natation, a renchéri Maglione. On n'en est plus à deux ou trois pays; nous avons 15 ou 20 pays qui gagnent des médailles. C'est important que plusieurs nations raflent des médailles.»

Le responsable du programme antidopage pour l'Administration générale du sport de Chine, Jiang Zhixue, a fait savoir que les athlètes chinois, incluant les nageurs, se sont soumis à près de 100 tests depuis leur arrivée à Londres. Le site Internet de la FINA indique que Ye s'est également soumise à trois tests hors-compétition entre juin 2011 et février cette année.

«Certaines personnes ont des préjugés, aurait déclaré Jiang à l'agence nationale Xinhua. Nous n'avons jamais eu des doutes à l'endroit de Michael Phelps lorsqu'il a amassé huit médailles d'or à Pékin.»

Sebastian Coe, président du Comité organisateur des Jeux de Londres, soutient qu'il est «très injuste du juger un athlète à la suite d'une percée soudaine».

«On a tendance à oublier qu'il y a probablement eu dix ans de travail avant d'arriver à ce point», a-t-il observé sur les ondes de ITV News.

«Vous devez jeter un coup d'oeil à l'ensemble de sa carrière. Je pense qu'il faut être très prudent lorsque vous faites de tels jugements, bien qu'il s'agisse, en effet, d'une remarquable percée.»

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