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La justice belge autorise la libération conditionnelle de l'ex-femme de Marc Dutroux

31/07/2012 06:53 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

MONS, Belgique - Le tribunal d'application des peines de Mons, dans le sud de la Belgique, a donné son feu vert mardi à une demande de libération conditionnelle de l'ex-femme de Marc Dutroux. Michelle Martin, âgée de 52 ans, a été condamnée à 30 ans de prison en 2004 pour la séquestration de plusieurs des jeunes victimes de Dutroux, et pour avoir laissé mourir de faim deux fillettes de huit ans.

La libération de Michelle Martin n'interviendra pas tout de suite. Le ministère public et les parties civiles ont cinq jours pour faire appel, ce qui suspendrait la décision du tribunal, a précisé le procureur du roi à Mons, Christian Henry.

Arrêtée en 1996, Michelle Martin a été condamnée en juin 2004 par le tribunal d'Arlon à une peine de 30 ans de prison pour son rôle dans l'enlèvement et la séquestration de six jeunes filles en 1995 et 1996, notamment de Julie et Melissa, âgées de huit ans. Elles les a laissées mourir de faim alors que Marc Dutroux, son époux de l'époque, purgeait une peine de prison pour vol.

En vertu de la législation belge, elle peut être remise en liberté sous de strictes conditions après 15 ans d'emprisonnement, incluant la détention préventive. Michelle Martin a déjà formulé plusieurs demandes de libération conditionnelle, et le tribunal d'application des peines de Mons a répondu favorablement à sa dernière requête.

Le procureur du roi a précisé que Michelle Martin devra notamment se plier à «un suivi psychologique, résider à l'adresse proposée et ne pas déménager sans l'accord du tribunal, ne pas se rendre ou résider dans les provinces de Liège et du Limbourg où résident les principales victimes (de Marc Dutroux), et ne pas chercher à entrer en contact avec les victimes».

Dans le cadre de cette libération, Michelle Martin sera envoyée dans un couvent à Malonne, près de Namur, rapportent les médias belges.

Au printemps 2011, la justice belge avait déjà accepté une remise en liberté conditionnelle, qui prévoyait que l'ex-femme de Marc Dutroux soit hébergée dans un couvent français. Mais le ministre français de la Justice de l'époque, Michel Mercier, avait refusé de l'accueillir.

La décision annoncée mardi a provoqué l'incompréhension et la colère des familles des victimes de Marc Dutroux. Jean-Denis Lejeune, père de la petite Julie, morte de faim dans la cave des Dutroux à Marcinelle, a estimé que «cette dame ne mérite pas d'être dans la société. Qui plus est, elle n'a même pas encore dit la vérité, on ne sait toujours rien pour les petites. Cela me paraît un peu prématuré», a-t-il souligné.

Interrogé par la chaîne BFM-TV, M. Lejeune s'est montré encore plus sévère. Elle «est plus responsable que Marc Dutroux, parce qu'elle a eu l'occasion de libérer les petites alors que son mari était toujours en prison, elle ne l'a pas fait et elle n'est même pas allée les nourrir».

Quant à l'avocat de Michelle Martin, Thierry Moreau, il a assuré que sa cliente «est rongée par le remords». «Si elle souhaite être libérée, elle ne souhaite pas, par contre, provoquer qui que ce soit, faire du mal à qui ce soit. Et je crois que le seul projet qu'elle a, c'est de trouver la meilleure formule qui soit pour essayer de se racheter», a-t-il expliqué.

Marc Dutroux, âgé de 55 ans, purge une peine de prison à perpétuité pour enlèvements, torture, viols, séquestration et meurtres prémédités.

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