NOUVELLES

JO-2012/Natation - Michael Phelps, le seigneur des Anneaux

31/07/2012 04:44 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

Michael Phelps n'est plus seulement une légende vivante du sport: le voilà devenu mardi à Londres le véritable seigneur des Anneaux olympiques, avec désormais 19 médailles autour du cou.

Le 19 septembre 2000, un gamin américain de 15 ans plonge dans le bassin olympique de Sydney pour décrocher la 5e place du 200 m papillon.

Seuls quelques spécialistes à l'oeil averti, et un entraîneur nommé Bob Bowman, qui couve la pépite depuis ses 10 ans, peuvent deviner ce jour-là que Phelps va devenir le plus grand nageur de l'histoire. Celui qui va faire tomber le record légendaire de la natation (les sept médailles d'or de l'Américain Mark Spitz à Munich en 1972) et supplanter la gardienne du temple olympique (la gymnaste soviétique Larisa Latynina et ses 18 médailles entre 1956 et 1964).

L'Américain, plus à l'aise dans les bassins que devant micros et caméras, s'est hissé aux sommets de façon précoce et a su durer dans un sport à l'exigence extrême.

Il a battu son premier record du monde à 15 ans (en 2001 sur 200 m papillon) et a gagné sa 19e médaille olympique, l'or du relais 4x200 m libre, à 27 ans, ce mardi.

Le garçon aux oreilles légèrement décollées fait son premier plongeon à 7 ans, à Baltimore, aiguillé par deux soeurs douées pour la natation et par des parents qui y voient un moyen de canaliser son énergie, lui le turbulent tout juste diagnostiqué avec un trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité.

L'élément aquatique et son corps, un bassin étroit menant à de larges épaules et de longs segments terminés par des extrémités sur-dimensionnées (pointure de 49 et envergure de 2 mètres), sont faits pour s'entendre.

Une force de travail au-dessus de la moyenne, un talent naturel hors norme et un véritable amour de son sport, dont il va devenir un porte-drapeau exemplaire, font le reste.

En douze ans, il a amassé médailles d'or olympiques (15), records du monde (30 individuels) et titres mondiaux (26) à foison.

Ce fan de hip hop, de Michael Jordan et des Baltimore Ravens, l'équipe de football américain à laquelle il voue un culte, abreuvant ses 500.000 suiveurs sur Twitter de ses commentaires chaque dimanche de match, a des allures de gentil garçon, même avec son énorme casque sur la tête et ses shorts XXL.

Il ne manque jamais une occasion d'associer sa mère Debbie, une directrice d'école, à ses succès. Et c'est auprès d'elle qu'il s'excusera en premier lieu après la publication début 2009 d'une photo où il fume du cannabis.

Sans jamais verser dans le registre du "Bad boy", l'extra-terrestre de Pékin redevient brutalement humain après les JO-2008: fêtes à Las Vegas en galante compagnie, absentéisme à l'entraînement, multiples apparitions commerciales.

Une plongée dans la vie de V.I.P. qui tranche avec l'exigence monastique à laquelle il s'était astreint avant les JO-2008 (entraînements dès 6h30 quasiment toute l'année) et avec une existence jusque-là plutôt rangée, malgré une incartade peu glorieuse après les JO-2004 (arrestation en état d'ivresse).

Phelps profite des bienfaits et des excès d'une popularité exceptionnelle pour un nageur et sa motivation s'évapore.

Sûrement titillé par le fait que son compatriote Ryan Lochte devienne en 2010 et 2011 le meilleur nageur mondial et convaincu par Bowman qu'il n'a pas encore épuisé toutes ses munitions, le grand échalas (1,93 m, 84 kg) décide de se réveiller pour tenter de clore sa carrière à Londres sur une bonne note.

A cause de ce réveil un peu tardif, ce n'est pas avec le même brio que dans le "Water Cube" de Pékin que Phelps a atteint à Londres ses nouveaux sommets.

Certainement pas de quoi ternir sa légende.

bpe/ep

PLUS:afp