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JO-2012 - Estanguet prend sa revanche sur Martikan

31/07/2012 12:51 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

Quatre ans après l'échec de Pékin, le Français Tony Estanguet a réussi son pari de conquérir un troisième titre olympique en canoë, qui plus est en laissant sur la troisième marche du podium son vieux rival Michal Martikan, mardi sur le bassin de Lee Valley.

Le Français de 34 ans a remporté son énième duel avec le Slovaque, d'un an son cadet et autre double champion olympique (1996 et 2008), l'Allemand Sideris Tisiadis venant se glisser entre les deux monstres sacrés.

"C'est fantastique, car c'est tellement dur d'être au top le jour-J", déclarait-il après avoir chanté la Marseillaise sur la première marche du podium londonien, en choeur avec ses nombreux supporteurs.

Cette troisième médaille venue de très loin a-t-elle une saveur particulière par rapport à 2000 et 2004?

"Elle est très belle, c'est très fort, car j'ai vécu un truc de malade mais je n'ai pas envie de hiérarchiser", assurait-il, après deux passages propres et rapides dans les rouleaux d'un bassin capricieux.

Le premier en demi-finale le laissait au 3e rang derrière le Slovène Benjamin Savsek et l'Allemand Sideris Tisiadis, l'homme qui l'avait privé du titre européen en mai dernier, mais devant Martikan.

Pouvait-il calculer pour assurer un simple podium quatre ans après la 9e place de Pékin ? Impossible, s'accordaient à dire le camp français où on affirmait que "Tony n'a pas encore sorti sa course".

Et le triple champion du monde n'a pas calculé, d'autant qu'il s'élançait après un passage de feu et propre du double champion olympique slovaque (1996 et 2008).

"Michal ne m'a pas simplifié la tache", avouait-il. Je m'étais préparé à ce qu'il fasse claquer un temps. Et quand j'ai entendu le public, je me suis dit: +Reste centré sur ton boulot. Ton défi, c'est la rivière. Essaye de trouver la bonne partition sans chercher des trucs extraordinaires"+.

Un défi qu'il relevait d'une manière époustouflante, lisant chaque remous, arrachant les passages de portes en courbant le torse, pour finalement franchir la ligne d'arrivée avec 1 sec 75 d'avance sur Martikan.

S'il avait la position de vainqueur à l'arrivée, "car on sait qu'on n'est pas loin du compte quand on est devant Martikan", il a quand même tremblé jusqu'à l'arrivée de Tasiadis qui échouait au deuxième rang.

Martikan, lui, ne cachait pas sa déception d'ajouter seulement du bronze à palmarès olympique riche aussi de deux argents (2000 et 2004). "Je serai heureux mais plus tard. Je voulais tellement l'or", glissait le Slovaque.

Adversaires depuis les années juniors, les deux hommes vont-ils poursuivre cette rivalité jusqu'en 2016 ?

"Ce n'est pas sérieux de parler du Brésil (2016) aujourd'hui, disait Estanguet. C'est vrai qu'on est plus près de la fin, mais c'est une décision à prendre plus tard. Probablement la plus difficile à prendre".

Le bonheur sportif serait comblé s'il obtenait sa place à la commission des athlètes du CIO, défi pour lequel il a beaucoup oeuvré ces derniers mois, en parallèle de sa préparation olympique.

sg/jr

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