LONDRES - Quatrième aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, l'haltérophile Christine Girard ne voulait surtout pas finir à une marche du podium, encore une fois, aux JO de Londres. Pendant un instant, pourtant, elle a cru que c'est en plein ça qu'elle allait vivre.

Puis, ses entraîneurs Guy Marineau et Walter Bailey lui ont dit qu'elle décrochait le bronze même si elle venait de rater son dernier essai de la compétition.

«Je croyais que je venais de perdre la médaille et de finir quatrième encore, a reconnu celle qui n'aime pas connaître le classement qu'elle occupe pendant une compétition en cours. Quand mes entraîneurs m'ont dit que j'avais fini sur le podium, j'ai commencé à pleurer. Je ne pouvais croire que j'avais atteint mon but. En ce moment, ça vaut tout l'or du monde.»

«Sa quatrième place à Pékin a été très dure à avaler, mais c'est aussi ce qui l'a motivée à se rendre où elle est aujourd'hui, a indiqué Bailey, qui est aussi son mari. C'est ce que la motivait quand elle s'entraînait toute seule dans le garage de la maison, quand son corps faisait mal et qu'elle n'avait pas d'entraîneur.»

Girard a pris le troisième rang de l'épreuve féminine des moins de 63 kg, mardi aux Jeux de Londres, après avoir réussi une levée de 103 kg à l'arraché et de 133 kg à l'épaulé-jeté, pour un total de 236 kg. Et ce, malgré un mal d'épaule plus sérieux qu'elle ne l'avait laissé entrevoir ces derniers jours.

Girard a raté son troisième essai à 135 kg à l'épaulé-jeté, mais elle en a quand même assez fait pour obtenir le bronze. La rivale qu'elle devait devancer pour accéder au podium, la Turque Sibel Simsek, s'est contentée d'un total de 235 kg après avoir raté ses deux derniers essais à 133 kg à l'épaulé-jeté.

Simsek n'a donc pu profiter de l'avance de 2 kg qu'elle s'était forgée sur Girard à l'arraché, grâce à sa levée de 105 kg.

La Kazakhe Maiya Maneza a survolé la compétition. Elle a récolté la médaille d'or avec un total de 245 kg, ce qui constitue un record olympique. Sa levée de 135 kg à l'épaulé-jeté lui a par ailleurs permis d'égaler la marque olympique, établie en 2004 à Athènes. La Russe Svetlana Tsarukaeva a pris l'argent en vertu d'un total de 237 kg.

Girard est devenue la première Canadienne à décrocher une médaille olympique en haltérophilie chez les dames. C'est par ailleurs une première médaille en haltérophilie pour le Canada depuis que Jacques Demers a raflé l'argent aux Jeux de 1984 à Los Angeles. Et c'est seulement la troisième de l'histoire en tout, puisque Gérald Gratton, en 1952 à Helsinki, est le seul autre haltérophile canadien à avoir foulé un podium olympique.

«J'ai grandi en pensant que c'était pratiquement impossible d'avoir une médaille aux Jeux olympiques dans mon sport, a lancé Girard à son passage dans la zone mixte, après avoir fièrement montré sa médaille aux photographes présents. Je suis tellement contente, aujourd'hui, parce que j'ai bien fait d'écouter mon coeur et non ma tête. Et ça dit que c'est un objectif possible. Je suis tellement fière de moi, de mon équipe, de tout ce que j'ai accompli en 17 ans d'entraînement. C'est le meilleur moment de ma vie, je suis tellement heureuse!»

Girard, une francophone de 27 ans parfaitement bilingue, a insisté pour dire que cette médaille appartient bel et bien à tout le Canada, elle qui est née en Ontario, puis a grandi à Rouyn-Noranda à partir de l'âge de huit ans avant de quitter son patelin il y a trois ans. Elle est alors allée vivre avec Bailey à White Rock, en Colombie-Britannique, quand son mari a été affecté dans ce coin de pays dans le cadre de ses fonctions avec la GRC.

«Regardez mes ongles, a-t-elle lancé en montrant ses doigts, qui alternaient entre le vernis à ongles blanc et rouge. Cette médaille va au Canada, je suis une Canadienne à part entière.»

Girard, qui restera à Londres jusqu'au 13 août, soit au lendemain de la cérémonie de clôture, a toutefois promis que les gens de Rouyn-Noranda auraient droit à «un beau petit cinq à sept» avec elle à son retour.

«J'ai vraiment hâte de pouvoir montrer ma médaille. Rouyn-Noranda va toujours rester ma ville, a dit celle dont les parents Gaétan et Aline vivent toujours à cet endroit. J'ai vécu là tellement longtemps que j'ai vraiment hâte de pouvoir aller partager ça avec tout le monde là-bas.»

Girard, qui visait initialement d'égaler la marque olympique de 135 kg à l'épaulé-jeté, a dû composer avec une blessure à l'épaule pendant la compétition de mardi. Elle a subi ce mal une première fois avant les Jeux panaméricains de 2011, puis l'a aggravé à son dernier entraînement à intensité élevée lors d'un camp tenu à Dunkerque, en France, juste avant les Jeux.

Dans ce contexte, gérer les trois essais à l'arraché s'avérait délicat, mais le clan Girard a choisi de ne pas être trop conservateur dans le choix des barres. Girard a raté deux essais à 105 kg dans cette portion de l'épreuve.

«Mon dernier arraché, qui était un peu en avant, je l'ai vraiment travaillé. Mais je l'ai laissé aller et ç'a abîmé mon épaule, a indiqué Girard. J'étais plus nerveuse quand j'ai commencé l'épaulé-jeté. Heureusement, j'ai eu droit aux bons soins de Sam (Gibbs), de l'équipe canadienne. Il m'a aidé à me remettre dans le bon chemin. J'étais un peu stressée, mais l'épaule a tenu le coup.»

«Une chance que Sam était là pour soigner l'épaule de Christine entre les deux séances, a ajouté Bailey. Sinon, nous n'aurions pas su comment aborder l'épaulé-jeté. Après avoir s'être fait mal en France, elle était vraiment inquiète.»

«Évidemment, on a des objectifs élevés quand on dispute une telle compétition, mais on n'a pas changé le plan en fonction de l'épaule, a assuré Girard, dont les sommets personnels à l'arraché sont de 106 kg en compétition et de 108 kg à l'entraînement. J'ai fait le plus que je pouvais, aujourd'hui, avec ce que j'avais. Il faut que je sois fière de ça, peu importe le nombre d'essais que j'ai réussis.»

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  • Éliminés

    Les nageurs canadiens Blake Worsley, Tobias Oriwol, Colin Russell et Alec Page (de gauche à droite) à l'issue de leur relais 4x200 mètres nage libre. Le quatuor ne sera pas de la finale. Ils ont terminé 14e des préliminaires en 7:15,22.

  • Record personnel battu

    Scott Dickens a lui aussi été éliminé mardi soir. Le nageur ontarien a terminé 16e des demi-finales du 200 m brasse avec un temps de 2:11,71. Il avait amélioré son record personnel en ronde préliminaire.

  • Cap sur les demies

    Le Britanno-Colombien Brent Hayden s'est qualifié en vue des demi-finales du 100 mètres style libre, signant le cinquième chrono des préliminaires.

  • Elle passe de justesse

    La nageuse de Pont-Rouge Audrey Lacroix a confirmé sa place en demi-finale du 200 mètres papillon. Elle s'est classée 15e sur 16 en tour de ronde préliminaire.

  • Venus Williams trop forte

    Aleksandra Wozniak plie bagage. Elle est éliminée au 2nd tour du tournoi de tennis olympique par Venus Williams, qui a facilement battue la Québécoise 6-3, 6-1.

  • Le match le plus long

    Au terme d'un match qui a duré près de 4h, Milos Raonic s'incline contre le Français Jo-Wilfried Tsonga, 6e raquette mondiale. Les deux joueurs ont eu besoin de 48 jeux pour se départager au 3e set.

  • Synchronisées

    Les plongeuses Roseline Filion et Meaghan Benfeito ont remporté la médaille de bronze de l'épreuve de 10 m synchro aux Jeux de Londres, mardi. Filion, âgée de 25 ans, de Laval, et Benfeito, 23 ans, de Montréal, ont offert une performance constante dans leurs cinq plongeons pour devancer les Australiennes Rachel Blugg et Loudy Wiggins, avec une récolte de 337,82 points.

  • 1ère médaille depuis 12 ans

    Le Québécois Antoine Valois-Fortier a procuré au Canada une première médaille olympique en judo depuis 2000, mardi, en récoltant le bronze chez les moins de 81 kg. L'athlète de Beauport, âgé de 22 ans, a défait l'Américain Travis Stevens pour remporter la première médaille d'un judoka canadien depuis celle d'argent de Nicolas Gill aux Jeux de Sydney, en 2000. Gill était d'ailleurs en bordure du tatami, mardi, à titre d'entraîneur national.

  • Joie simulatanée

    Les plongeuses Roseline Filion et Meaghan Benfeito célèbrent leur médaille de bronze.

  • Femme forte

    Christine Girard est devenue la première haltérophile canadienne à remporter une médaille olympique, mardi, quand elle a décroché le bronze dans l'épreuve féminine des moins de 63 kg aux Jeux de Londres. Malgré une blessure à l'épaule gauche, elle a réussi une levée de 103 kg à l'arraché et de 133 kg à l'épaulé-jeté, pour un total de 236 kg. Elle a raté son troisième essai à 135 kg à l'épaulé-jeté et a donc dû se contenter du bronze.

  • Judo(n't) Mess With Him

    De gauche à droite: l'Allemand Ole Bischof (médaille d'argent), le Sud-coréen Kim Jae-bum (médaille d'or) et le Canadien Antoine Valois-Fortier (médaille de bronze) montent sur le podium du tournoi olympique de judo dans la catégorie des moins de 61 kg.

  • Heureuse

    L'haltérophile Christine Girard, tout sourire en montrant sa médaille de bronze.

  • À l'eau

    La nageur Brent Hayden au départ de la demi-finale du 100 mètres nage libre.

  • Can't Make The Podium

    Kristina Vaculik aux barres asymétriques lors de la finale par équipe en gymnastique. Victoria Moors (15 ans), Elsabeth Black (16 ans), Dominique Pegg (18 ans), Brittany Rogers (19 ans) et Kristina Vaculik (20 ans) ont terminé avec 170,804 points. Les Canadiennes ont pris le cinquième rang de l'épreuve remportée par les Américaines, mardi, aux Jeux olympiques de Londres.