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Chypre veut éviter des conditions trop dures à l'aide internationale

31/07/2012 01:08 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

Chypre veut éviter des mesures trop dures qui accompagneraient le plan d'aide international destiné à secourir son économie en difficultés, a indiqué mardi le ministre des Finances Vassos Shiarly.

Le ministre a affirmé, lors d'une interview à l'agence de presse chypriote CNA, que l'écart entre les positions des autorités chypriotes et des experts de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI) était encore, sur certaines questions, "considérable et a besoin d'être comblé".

Il a ajouté qu'il y avait "une compréhension mutuelle des problèmes" sur d'autres questions, sans toutefois préciser lesquelles.

"Ce qui est certain, c'est que les deux parties ont une connaissance totale des questions en discussion et qu'il y a une volonté de les résoudre", a affirmé M. Shiarly.

Le gouvernement chypriote a demandé fin juin à bénéficier d'une aide de l'Union européenne ainsi que de celle du FMI. La République de Chypre assure actuellement la présidence semestrielle du Conseil des ministres de l'UE.

Une délégation d'experts de la BCE, du FMI et de l'UE -- appelée à Chypre la "troïka" -- vient d'achever une deuxième mission dans l'île méditerranéenne pour étudier la situation du secteur bancaire et de l'économie.

La République de Chypre, dont l'autorité ne s'exerce que sur la partie sud et hellénophone de l'île, a été particulièrement atteinte par la crise en Grèce, pays à laquelle elle est très liée économiquement et culturellement. Elle a rejoint l'UE en 2004 et l'euro en 2008.

La "troïka" proposerait, selon la presse chypriote, des mesures beaucoup plus dures que celles jusqu'à présent envisagées par le gouvernement communiste du président Demetris Christofias.

Pour l'instant, aucun montant n'a été avancé pour l'aide dont aurait besoin Chypre auprès du FMI et des autorités européennes.

Selon les informations données par les médias chypriotes, la "troïka" souhaiterait voir les dépenses publiques diminuer d'un milliard d'euros, notamment par le biais d'une baisse des salaires des fonctionnaires et des prestations sociales, en supprimant l'indexation des salaires sur l'inflation et les aides publiques au logement.

Les recettes augmenteraient avec un programme de privatisation et une hausse de la taxe à la valeur ajoutée (TVA), actuellement de 17% et qui serait portée à 20%.

"La combinaison et l'ampleur (de ces mesures) seront décidées par Chypre et non par la troïka", a affirmé Vassos Shiarly à CNA. Il a précisé qu'une nouvelle mission est prévue en septembre, mais sans en indiquer la date exacte.

Le gouvernement chypriote a également sollicité une aide de cinq milliards d'euros auprès de la Russie qui est actuellement examinée par Moscou.

La Russie avait déjà octroyé fin 2011 un prêt à taux bonifié de 2,5 milliards d'euros à Chypre pour couvrir ses besoins de financement pour 2012. Moscou a d'importants intérêts financiers à Chypre où sont installées de nombreuses filiales de banques russes.

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