NOUVELLES

Avec audace et ruse, les rebelles d'Alep s'emparent d'un symbole du régime

31/07/2012 01:05 EDT | Actualisé 30/09/2012 05:12 EDT

Les rebelles syriens ont usé de ruse et d'audace pour s'emparer du plus important commissariat du sud d'Alep et abattre son chef, un général connu pour sa participation à la répression.

La bataille pour conquérir ce poste clef de la police dans le quartier de Salhine était l'un des principaux objectifs des rebelles, confie à l'AFP Abdel Kader al-Sater, leader du Liwa al-Moujahidine (Brigade des combattants islamistes), une des plus importantes unités rebelles déployées à Alep (355 km au nord de Damas).

Une première tentative rebelle pour prendre le poste le 26 juillet s'était soldée par la reddition de cinq policiers qui avaient été immédiatement abattus dans le dos devant le commissariat par leurs collègues restés à l'intérieur, affirment les insurgés.

C'est peu avant minuit lundi, que l'assaut "victorieux" a été donné par des combattants venus pour la plupart du quartier voisin de Marjé et de ceux de Sakhour (est) et de Chaar (centre). Des rebelles d'autres parties de la ville sont aussi accourus sur les lieux après, ont-ils dit à l'AFP, "avoir su qu'une grande bataille s'y préparait" sous le commandement d'Amir Abou Hamzé.

Selon le correspondant de l'AFP, différents groupes sont dépêchés sur les lieux avec des missions bien précises. Des tireurs embusqués prennent position pour répondre à toute tentative d'avancée de leurs adversaires.

Pendant ce temps, pour faire diversion, des petits groupes ouvrent le feu au hasard et lancent des quolibets à l'adresse des soldats, permettant ainsi à d'autre rebelles de s'approcher discrètement de l'édifice qui est alors la cible de tirs de roquettes anti-char, de grenades et de bombes artisanales.

Deux policiers sont abattus la nuit en tentant une sortie du poste. A 05H20 (02H20 GMT), des hélicoptères commencent à mitrailler les positions rebelles mais vers 06H00, des combattants réussissent malgré tout à prendre position devant le commissariat.

Trois quarts d'heure plus tard, une voiture dépose une bonbonne de gaz recouverte de plastic et reliée à un détonateur électrique: les rebelles ne parviendront toutefois jamais à la faire exploser.

Vers 08H30, le correspondant de l'AFP constate que le général Ali Nasser, chef du commissariat qui a participé, selon les rebelles, à la répression dès le début de la révolte, et un autre policier, ont été tués à 100 mètres du poste, après avoir tenté à leur tour une sortie. L'officier gît sur la chaussée en maillot blanc, son corps est transpercé de balles.

Les rebelles expliquent à l'AFP que cinq policiers se sont rendus, un seul ayant selon eux refusé de le faire.

A 10H20, les insurgés pénètrent dans le bâtiment, le pillent et l'incendient.

Sur une vidéo diffusée par des militants, on peut voir des hommes armés postés devant un bâtiment présenté comme le commissariat de Salhine. Il y a des échanges de coups de feu puis retentissent des cris de victoire lancés par des combattants qui se faufilent dans l'entrée de l'immeuble, protégé par des sacs de sable. Cette vidéo ne montre pas de policiers.

Une heure plus tard, une attaque d'hélicoptère disperse la foule venue constater la chute du poste.

Au moins 40 policiers ont été tués dans ces assauts par des "centaines de rebelles", d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ce qui constitue un nouveau revers pour le régime au lendemain de la prise d'un poste de contrôle clé entre Alep et la Turquie.

Outre ces commissariats, les rebelles avaient attaqué à l'aube au lance-roquettes d'autres lieux symboliques du pouvoir comme le siège du tribunal militaire et une branche du parti Baas au pouvoir, selon l'OSDH.

str-sk/ram/sb

PLUS:afp