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Syrie: Alep toujours en proie à des violents combats

30/07/2012 03:20 EDT | Actualisé 28/09/2012 05:12 EDT

BEIRUT - BEYROUTH (Sipa) — Les combats se poursuivaient lundi à Alep, dans le nord de la Syrie. Les forces gouvernementales affirment avoir repris le contrôle du quartier de Saladin, ce que dément l'insurrection qui s'en était emparé la semaine dernière. Parallèlement, à Londres, le chargé d'affaires syrien en Grande-Bretagne Khaled el-Ayoubi a fait défection en signe de protestation contre les actes "violents et accablants" du régime de Bachar el-Assad.

Sur le plan diplomatique, la France, qui prend le 1er août la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU, va demander "avant la fin de la semaine" une réunion du Conseil, a annoncé sur RTL le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius. Le chef de la diplomatie française, qui redoute un massacre à Alep, a qualifié Bachar el-Assad de "bourreau".

Le président français François Hollande a estimé pour sa part que son "devoir" était de "continuer de faire pression", notamment sur la Russie, pour obtenir une résolution du conseil de sécurité des Nations unies sur la Syrie. "Il y a une protection à apporter à un peuple en danger", a déclaré le chef de l'Etat, en marge de sa visite aux Jeux olympiques de Londres.

Le quartier de Saladin, situé dans le sud-ouest d'Alep, a été "purgé" par les forces gouvernementales, qui ont infligé de lourdes pertes aux rebelles, selon les médias officiels syriens. D'après des militants de l'opposition sur place, les combats se poursuivent et aucun soldat syrien n'est entré dans le quartier.

L'armée régulière a pénétré "dans certaines zones de Saladin, mais pas au centre", a pour sa part indiqué Rami Abdul-Rahman, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le gouvernement a massé ses forces à l'extérieur d'Alep, capitale commerciale de la Syrie, et a lancé des attaques contre l'insurrection au cours du week-end dernier. La communauté internationale s'inquiète de possibles massacres dans cette ville de trois millions d'habitants, qui connaît de violents combats depuis une dizaine de jours.

Des habitants ayant fui la ville ont décrit les bombardements incessants, le manque de nourriture et d'essence.

Quelque 200.000 civils, soit près de 10% de la population, ont déjà fui les combats à Alep, a affirmé la secrétaire générale adjointe de l'ONU aux affaires humanitaires, Valerie Amos, citant le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le Croissant-Rouge syrien.

Un cameraman d'Al-Jazeera a affirmé qu'un de ses collègues avait été blessé alors qu'ils couvraient ensemble les combats dans la province d'Alep. Hakan Bayginer a précisé qu'Omar Khashram, correspondant d'Al-Jazeera basé à Ankara, avait été blessé lundi par des éclats d'obus de mortier alors qu'il circulait en voiture.

A Londres, le Foreign Office a annoncé que le chargé d'affaires syrien en Grande-Bretagne Khaled el-Ayoubi avait fait défection. . Plus haut responsable diplomatique syrien en Grande-Bretagne, il a informé les autorités britanniques qu'il ne "voulait plus représenter un régime qui a commis des actes aussi violents contre son propre peuple", a indiqué un porte-parole du Foreign Office.

Un général syrien, qui était le chef adjoint de la police pour la région de Lattaquié (nord-ouest), a également fait défection, cette fois en Turquie, a annoncé un responsable turc. Ce général figure parmi un groupe de douze officiers syriens ayant rejoint la Turquie dimanche soir.

Depuis le début de l'insurrection contre le régime de Bachar el-Assad il y a 17 mois, 28 généraux ont déserté l'armée syrienne.

A Athènes, le ministre grec de l'Ordre public, Nikos Dendias, a annoncé que son pays quadruplait le nombre de ses gardes à sa frontière avec la Turquie, en partie en raison d'un afflux potentiel de réfugiés syriens.

Enfin, le patron de l'association des camionneurs de Jordanie a affirmé à Amman que la guerre civile en Syrie avait entraîné la fermeture de la principale route d'exportation vers l'Europe et la Turquie. Selon Mohammed Khair al-Daoud, les exportations bloquées sont essentiellement des fruits et des légumes. Il a précisé que les chauffeurs voulaient éviter les centres urbains en proie à des violences en Syrie, ainsi que les malfrats, qui ont récemment molesté un chauffeur de poids lourd jordanien pour lui voler son argent.

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