Les Palestiniens ont vivement dénoncé lundi les propos qualifiés de "racistes" du candidat républicain à la présidentielle américaine, Mitt Romney, qui a expliqué l'écart entre leur niveau économique et celui d'Israël par une différence de "culture".

"Quand on vient ici en Israël et qu'on voit que le PIB par habitant est d'environ 21.000 dollars, alors qu'il est de l'ordre de 10.000 dollars tout juste de l'autre côté dans les secteurs gérés par l'Autorité palestinienne, on constate une différence énorme et dramatique de vitalité économique", a déclaré lundi à Jérusalem M. Romney lors d'un petit-déjeûner organisé pour lever des fonds au profit de sa campagne.

"C'est la culture qui fait toute la différence. Et lorsque je regarde cette ville (Jérusalem) et tout ce que le peuple de cette nation (Israël) a accompli, je reconnais pour le moins la puissance de la culture et de quelques autres choses", a-t-il ajouté.

Dans leurs rapports, la Banque mondiale et le Fonds Monétaire international (FMI) soulignent régulièrement que les restrictions imposées par Israël à la liberté de mouvement des personnes et des marchandises constituent un facteur clef freinant le développement économique des Territoires palestiniens.

Mais M. Romney s'est abstenu de mentionner ce fait avant de s'envoler pour la Pologne, dernière étape de sa tournée à l'étranger.

"Les propos de Romney sont racistes. Il a beaucoup à apprendre, il ne connaît pas la région, sa culture et son histoire", a affirmé à l'AFP le négociateur palestinien Saeb Erakat.

"Il est clair qu'il ignore que l'économie palestinienne ne peut pas décoller et atteindre le niveau souhaité tant que l'occupation (israélienne) continue", a-t-il ajouté.

Dimanche, le candidat républicain à la Maison Blanche avait déjà suscité la colère des Palestiniens en qualifiant Jérusalem de "capitale d'Israël".

Les Etats-Unis ne reconnaissent pas officiellement Jérusalem comme capitale d'Israël. Leur ambassade, comme pratiquement celles de tous les pays représentés dans l'Etat hébreu, se trouve à Tel Aviv.

Israël considère pour sa part que l'ensemble de Jérusalem, y compris la partie orientale conquise et annexée en 1967, est sa "capitale éternelle et indivisible". La communauté internationale ne reconnaît pas cette annexion, et les Palestiniens veulent établir à Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.