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Ouganda: six nouveaux cas d'Ébola soupçonnés, panique dans la région de Kibaale

30/07/2012 07:05 EDT | Actualisé 29/09/2012 05:12 EDT

KAMPALA, Ouganda - Six nouveaux patients soupçonnés d'être atteints de l'Ébola ont été admis dans des hôpitaux de l'Ouganda après que des spécialistes eurent confirmé la présence du virus hautement contagieux dans une région reculée de l'ouest du pays, a annoncé un responsable de la santé lundi.

Stephen Byaruhanga, responsable de la santé dans le district de Kibaale, a déclaré que de possibles cas d'Ébola, auparavant concentrés dans un seul village, étaient désormais rapportés dans d'autres localités de la région.

Dans un discours à la nation lundi, le président ougandais a mis en garde contre les contacts non nécessaires entre personnes et a souligné que les cas suspects devaient être rapportés immédiatement aux autorités.

Les responsables du ministère ougandais de la Santé et de l'Organisation mondiale de la santé ont annoncé samedi que la fièvre hémorragique Ébola avait tué 14 Ougandais en juillet, après des semaines de spéculation sur la cause de cette maladie étrange qui a poussé certaines personnes à fuir leur maison pour y échapper, en l'absence de réponses claires.

Si les six nouveaux cas sont confirmés, cela portera à 26 le nombre d'Ougandais touchés par cette nouvelle éclosion du virus.

Il s'agit de la quatrième éclosion d'Ébola en Ouganda depuis 2000, quand le virus avait tué 224 personnes dans le nord du pays. Au moins 42 personnes sont mortes dans une autre éclosion survenue en 2007. L'Ouganda a aussi signalé un cas unique en 2011.

Les spécialistes ont eu besoin de près d'un mois pour confirmer la présence du virus en Ouganda cette année. Dans le district de Kibaale, qui compte 600 000 résidants, des villageois ont commencé à abandonner leurs maisons pour échapper à ce qu'ils croyaient être une maladie causée par la malchance. Une famille a perdu neuf de ses membres à cause de virus, tandis que la responsable d'une clinique et son bébé de quatre mois ont succombé à la fièvre, selon M. Byaruhanga.

La confirmation de la présence du virus dans la région de Kibaale a semé l'anxiété parmi les villageois malades, qui refusent de se rendre à l'hôpital de crainte d'y contracter l'Ébola s'ils n'en sont pas déjà atteints. Tous les cas suspects ont été isolés dans un hôpital, dont les autres patients ont fui après avoir appris que des personnes atteintes du virus s'y trouvaient.

Un avocat de la région, Barnabas Tinkasimire, a affirmé que certaines infirmières avaient refusé de s'occuper des personnes atteintes de l'Ébola quand une responsable de la clinique est morte et qu'un autre est devenu malade.

Selon lui, la réaction du gouvernement face à l'éclosion n'est pas suffisante.

«Il a fallu beaucoup de temps au gouvernement pour réagir, et jusqu'à maintenant, beaucoup de gens ne savent pas comment se protéger contre l'Ébola. Nous avons besoin de sensibilisation», a-t-il dit.

L'Ébola, qui se manifeste sous la forme d'une fièvre hémorragique, est très contagieux et peut tuer rapidement. Le virus a été découvert pour la première fois en 1976 en République démocratique du Congo et porte le nom de la rivière où il a été localisé.

Le virus peut se transmettre par des contacts directs avec le sang ou les sécrétions d'une personne infectée, ou par des objets contaminés par des sécrétions.

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