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Tuerie au Colorado: 24 accusations de meurtre et 116 de tentatives de meurtre

30/07/2012 12:25 EDT | Actualisé 29/09/2012 05:12 EDT

CENTENNIAL, États-Unis - L'auteur présumé de la fusillade dans un cinéma de la banlieue de Denver, au Colorado, a été formellement accusé de 24 meurtres et de 116 tentatives de meurtre, lundi. Les experts juridiques s'attendent à ce que le procès soit dominé par les arguments sur l'équilibre mental de l'accusé.

James Holmes, âgé de 24 ans, a semblé aussi perdu que lors de sa première comparution la semaine dernière, mais à un certain moment, il a échangé quelques mots avec l'un de ses avocats. Certains survivants de la fusillade et des proches des victimes l'ont observé avec attention dans la salle bondée. Avant le début de l'audience, certains d'entre eux ont joint les mains et baissé la tête comme s'ils étaient en train de prier.

L'attaque du 20 juillet dans un cinéma où était projeté le dernier volet de la trilogie «Batman» a fait 12 morts et 58 blessés. James Holmes fait face à deux chefs d'accusation pour chaque victime, soit meurtre prémédité et «meurtre avec extrême indifférence». Ces deux chefs d'accusation sont passibles de la peine de mort.

Un ancien procureur adjoint du district a expliqué que dans le cas d'une condamnation pour meurtre avec extrême indifférence, les peines de prison à vie qui peuvent être imposées pour chaque meurtre doivent être purgées de façon consécutive, et non simultanément.

Le suspect est aussi accusé de possession d'explosifs. Après son arrestation dans le stationnement du cinéma d'Aurora, la police a découvert que son appartement était piégé.

Contrairement à la première comparution du suspect, l'audience de lundi n'a pas été retransmise à la télévision. À la demande de la défense, le juge en chef du district, William Sylvester, a interdit les caméras et les appareils photo, estimant qu'une couverture médiatique étendue pourrait nuire au droit de l'accusé à un procès équitable.

Le juge a aussi décrété une ordonnance de non-publication aux avocats et aux responsables de l'application de la loi, scellé le dossier judiciaire et interdit à l'université du Colorado de publier des documents au sujet des études du suspect dans cet établissement. Une coalition de médias, dont l'Associated Press fait partie, conteste cette ordonnance.

Les avocats ont aussi débattu lundi d'une requête de la défense visant à déterminer qui a transmis l'information au sujet du colis que l'accusé a envoyé à sa psychiatre de l'université avant le massacre.

Les autorités ont saisi le colis le 23 juillet après l'avoir découvert dans la salle du courrier du campus de médecine où James Holmes étudiait. Plusieurs médias ont rapporté que le colis contenait un carnet de notes où figureraient des descriptions de la fusillade. Mais le procureur du district d'Arapahoe, Carol Chambers, a déclaré que le paquet n'avait pas encore été ouvert quand les médias ont publié des informations «inexactes» à ce sujet.

Selon les documents judiciaires disponibles vendredi dernier, James Holmes consultait une psychiatre à l'université. Mais on ne sait pas pendant combien de temps il a consulté la docteure Lynne Fenton, ni s'il le faisait pour une maladie mentale dont il serait atteint. Selon le curriculum vitae de la psychiatre publié sur Internet, l'une de ses spécialités est la schizophrénie.

Les enquêteurs estiment que le suspect a préparé et prémédité son geste, notamment en se constituant un véritable arsenal acheté légalement dans les deux mois ayant précédé la fusillade. Selon les autorités, James Holmes a acheté quatre armes à feu dans des magasins de la région de Denver avant l'attentat.

«Ce n'est pas un roman policier», a commenté un ancien procureur du district à Denver, Craig Silverman. «La seule défense possible est celle de l'aliénation mentale.»

En vertu des lois du Colorado, les accusés ne sont pas tenus responsables de leurs actes si leur esprit est trop troublé pour distinguer le bien du mal.

Les experts juridiques expliquent qu'il y a deux types de défense dans un tel cas. Les avocats de James Holmes pourraient d'abord faire valoir qu'il n'est pas apte mentalement à subir son procès. S'ils n'arrivent pas à convaincre la cour, et s'il est reconnu coupable, ils pourraient tenter de lui éviter la peine de mort en faisant valoir qu'il est atteint d'une maladie mentale.

Les procureurs décideront dans les prochaines semaines s'ils réclameront la peine de mort.

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