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Manon Briand a bien failli tout laisser tomber avant de revenir avec «Liverpool»

30/07/2012 01:19 EDT | Actualisé 29/09/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La cinéaste Manon Briand a dû faire le deuil d'un important projet de film en coproduction avant de se lancer dans une autre aventure cinématographique. Et à plus d'une reprise, depuis la sortie de son dernier long métrage «La turbulence des fluides» en 2002, elle a songé à accrocher son chapeau de réalisatrice.

«Tout de suite après 'La turbulence des fluides', j'ai eu un projet extrêmement ambitieux qui a été impossible à monter, et sur lequel j'ai perdu environ quatre ans», a-t-elle raconté en entrevue lundi dernier.

Cette coproduction canado-américaine intitulée «Out of Z», qui devait être dotée d'un budget d'environ 15 millions $, n'aura jamais vu le jour, et ce, pour une multitude de raisons: changement de producteur, complexité du montage financier, difficulté d'avoir accès aux jeunes vedettes hollywoodiennes.

«Out of Z», une «comédie désopilante à la 'Being John Malkovich'», dit Manon Briand, raconte l'histoire d'un homme qui retient les services d'une firme d'enquêteurs privés afin de découvrir où sa femme s'évade mentalement lorsqu'elle atteint l'orgasme.

«Le projet enthousiasmait tout le monde, mais on ne réussissait pas à le monter. Ce qui est dur, c'est d'en faire le deuil. Parce que pendant quatre ans, on est sur la ligne de départ et on attend le coup de feu, et on n'ose pas rien faire d'autre», expose-t-elle.

Au total, pendant ces dix années passées loin des plateaux de tournage, la réalisatrice native de Baie-Comeau aura rédigé trois scénarios. Jusqu'à ce qu'un jour, l'idée de «Liverpool» lui vienne à l'esprit.

«J'ai écrit ce film-là en quelques jours dans une espèce d'urgence de survie, créativement parlant, se souvient-elle. Je venais juste d'apprendre que mon projet précédent n'allait pas passer, et là, c'était la catastrophe. Soit je me lançais dans le fleuve, soit je rebondissais et je faisais autre chose!»

Elle rebondit ainsi avec «Liverpool», un film qui tourne autour du personnage d'Émilie (Stéphanie Lapointe), une préposée au vestiaire d'un bar branché de Montréal qui se retrouve plongée bien malgré elle dans une histoire criminelle impliquant un jeune cadre ambitieux (Louis Morissette). Un client du bar secrètement amoureux d'elle, Thomas (Charles-Alexandre Dubé), tentera de l'aider à se sortir de ce pétrin.

La chanson éponyme de Renée Martel a beaucoup inspiré la cinéaste. Elle est d'ailleurs omniprésente pendant toute la durée du film.

«La chanson 'Liverpool' était là parce qu'elle était dans le projet précédent, et c'est une chanson qui, bien que dramatique, me met de bonne humeur, explique Manon Briand. La chanson m'a accompagnée tout le long de l'écriture et m'a aidée à tout écrire, ça a été une espèce de leitmotiv.»

Le long métrage «Liverpool» sortira en salles vendredi.

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