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L'haltérophile Christine Girard a enfin trouvé le bon complice en Guy Marineau

30/07/2012 02:58 EDT | Actualisé 29/09/2012 05:12 EDT

LONDRES - Quatrième à ses premiers Jeux olympiques, en 2008 à Pékin, l'haltérophile Christine Girard compte grimper au moins une marche de plus au classement, mardi, à l'occasion de la compétition féminine des 63 kg aux Jeux de Londres. Ça lui donnerait évidemment un podium.

L'athlète originaire de Rouyn-Noranda, qui habite maintenant à White Rock, en Colombie-Britannique, deviendrait du même coup la première Canadienne à remporter une médaille olympique en haltérophilie.

Son entraîneur de compétition, Guy Marineau, s'est dit confiant que sa protégée de 27 ans arrivera à ses fins.

«Je suis très optimiste parce que Christine est prête, a indiqué l'ancien haltérophile lors d'un entretien avec La Presse Canadienne au cours du week-end. Ça fait quatre ans qu'elle pense en fonction de réaliser un podium, et elle travaille très fort à cette fin. Elle va le mériter, son podium.»

Selon Marineau, la Kazakhe Maiya Maneva et la Russe Svetlana Tsarukaeva seront les deux haltérophiles à battre. Pour se faire une place sur le podium, Girard devra devancer la Turque Sibel Simsek ainsi que la Bulgare Milka Maneva, une haltérophile qui effectue un retour après avoir disparu de la scène internationale pendant un moment.

Marineau sera prêt, lui aussi. Son rôle sera primordial, mardi, pendant la compétition. C'est lui qui sera responsable de la stratégie à suivre, c'est-à-dire quels poids lever au cours des trois essais qui seront permis. Il devra alors s'assurer que Girard garde le pas — et ultimement, dépasse — ses concurrentes afin d'obtenir l'une des trois médailles à l'enjeu.

«La compétition se déroule en commençant avec les athlètes qui lèvent les poids les plus légers, puis on augmente graduellement dans l'ordre des poids que chaque haltérophile a choisi de faire, a expliqué Girard. Le rôle de l'entraîneur, c'est de s'assurer que je sois prête au moment où on va appeler mon nom parce qu'on est rendu à la charge qu'on a décidé de faire, et qu'entre-temps j'aie fait mon échauffement de manière continue, sans être trop rapide ou trop lente entre mes levées. Il faut que l'échauffement soit adapté à moi, mais aussi en fonction du rythme de la compétition et celui des autres athlètes.»

Girard a réalisé plus que jamais, l'automne dernier à l'occasion des Jeux panaméricains au Mexique, que ce n'est pas là une qualité qui vient facilement à tout le monde. Elle avait alors embauché l'ancien olympien Guy Greavette, qui gérait ses entraînements en Colombie-Britannique, en vue de la compétition. Ça n'avait pas bien fonctionné du tout.

Girard avait auparavant Pierre Bergeron fils comme entraîneur, qu'elle dit très bon en compétition. Celui-ci a toutefois été accusé d'attouchements sexuels à l'endroit de jeunes athlètes et il a déposé un plaidoyer de culpabilité depuis. Elle a alors brisé les liens avec lui, même si elle n'était pas parmi ses victimes.

Girard et Marineau, qui se connaissent depuis les Jeux du Commonwealth de 2002, auxquels ils ont tous deux participé comme athlètes, ont commencé à travailler ensemble l'automne dernier. Ils avaient envisagé ce scénario un an plus tôt, mais y avaient renoncé à cause de l'éloignement. Marineau ne peut quitter Lachute trop souvent puisqu'il y travaille comme fermier. Girard, elle, hésitait à embaucher un entraîneur qui ne l'aiderait qu'à temps partiel et, donc, qui ne la connaîtrait pas assez pour savoir quels poids elle est capable de lever en contexte de compétition.

La bonne solution a finalement été trouvée quand Girard a confié ce rôle à Walter Bailey, son mari et un haltérophile lui aussi. Voilà pourquoi Girard était quelque peu soucieuse quand elle a rencontré La Presse Canadienne, samedi. Bailey s'était vu refuser une accréditation, si bien qu'elle ignorait si son mari pourrait être à ses côtés pendant l'épreuve de mardi.

«On travaille là-dessus», avait-elle alors indiqué.

Il semble que depuis, le Comité olympique canadien a donné un coup de pouce aux efforts du clan Girard. Il ne restait plus que l'assentiment du comité organisateur des Jeux de Londres pour que Bailey puisse avoir accès au plateau.

Marineau et Bailey font partie d'un trio complété par Jeane Lassen, une haltérophile qui s'entraîne avec Girard en Colombie-Britannique et qui était destinée à se qualifier pour les Jeux de Londres. Celle-ci s'est toutefois blessée en décembre dernier.

Girard y trouve ainsi son compte, elle qui a appris à concevoir ses propres plans d'entraînement. Ce n'est pas l'idéal d'avoir un tel coaching de groupe, mais Marineau estime que sa protégée a les atouts qu'il faut pour tirer son épingle du jeu dans ce contexte.

«Elle a beaucoup de maturité. Elle demande des conseils régulièrement et elle sait où elle s'en va. Je n'ai rien à redire, a affirmé Marineau. Elle n'a pas besoin de se faire pousser pour s'entraîner, ou même pour organiser ses propres camps d'entraînement. Son camp en France, avant d'arriver ici, elle l'a organisé elle-même. Elle n'attend après personne. Si elle attend la fédération canadienne d'haltérophilie, elle n'obtiendra pas grand-chose, alors elle le fait elle-même.

«C'est là qu'on voit qu'elle travaille vraiment fort pour aller chercher sa médaille.»

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