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Le président roumain survit au référendum sur sa destitution

30/07/2012 11:03 EDT | Actualisé 29/09/2012 05:12 EDT

BUCAREST, Roumanie - Le président roumain, Traian Basescu, a échappé à la destitution au terme du référendum de dimanche, qui a été invalidé en raison d'une trop faible participation, inférieure au seuil minimum requis de 50 pour cent des électeurs.

Selon le Bureau central électoral, seuls 46,23 pour cent des électeurs se sont rendus aux urnes pour se prononcer au sujet de la destitution du président Basescu. D'après les résultats quasi définitifs, environ 87,5 pour cent des participants ont voté pour la destitution.

«Les Roumains ont invalidé le référendum en ne votant pas», a déclaré Traian Basescu à la télévision publique, en annonçant avoir échappé une nouvelle fois à la destitution, comme en 2007. Mais le président, réélu en 2009 après un premier mandat entamé en 2004, a reconnu avoir perdu le soutien d'une partie de la population.

Il s'est engagé à oeuvrer en faveur de la «réconciliation» dans ce pays de 19 millions d'habitants qui a rompu avec le communisme en 1989.

«Il est clair que les Roumains sont mécontents de ce qui s'est passé ces dernières années. Les divisions dans la société doivent cesser (...) parce que la Roumanie a besoin de toute son énergie pour (...) intégrer le monde civilisé», a-t-il dit.

Il a également accusé ses adversaires politiques d'avoir organisé «un coup d'État manqué» contre lui, ajoutant qu'ils devaient «en être tenus pour responsables devant les institutions de l'État».

L'agitation politique a entaché la crédibilité de la Roumanie. Les États-Unis et l'Union européenne ont exprimé des doutes sur le respect de l'indépendance de la justice par le gouvernement de coalition de centre-gauche, opposé à M. Basescu. Certains ont accusé le premier ministre Victor Ponta, lui-même en proie à de nombreuses critiques, d'orchestrer cette manoeuvre pour essayer de s'emparer du pouvoir.

M. Ponta, qui dirige l'Union sociale libérale, affirme pour sa part que le président a tout fait pour rendre public un scandale l'accusant d'avoir plagié sa thèse de doctorat en 2004.

Quant à Traian Basescu, il est accusé par ses rivaux, au sein du gouvernement, d'avoir violé la Constitution en outrepassant son autorité pour s'immiscer dans les affaires du gouvernement, nommer ses fidèles à des positions clés dans le système judiciaire et se servir des puissants services secrets contre ses adversaires politiques.

Membre du Parti démocrate libéral (centre-droit), M. Basescu estime quant à lui que ses adversaires cherchent à prendre le contrôle du système judiciaire du pays et des fonds européens. La Roumanie a rejoint l'Union européenne en 2007.

Pour le président roumain âgé de 60 ans, cette procédure de destitution était une vengeance politique de ses adversaires. Il avait exhorté ses partisans à boycotter le scrutin, une tactique qui l'a apparemment aidé.

M. Basescu a vu sa cote de popularité chuter après l'application, en 2010, de mesures d'austérité du gouvernement visant à satisfaire les demandes du Fonds monétaire international en échange d'un prêt de plusieurs milliards d'euros. Le gouvernement a réduit d'un quart les salaires des fonctionnaires et augmenté la taxe à l'achat de 24 pour cent, l'un des taux les plus élevés dans l'Union européenne.

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